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Bulletin Quotidien Europe N° 11163
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) bahreÏn

Des militants appellent à arrêter le « deux poids, deux mesures »

Bruxelles, 25/09/2014 (Agence Europe) - Des militants des droits de l'homme du Bahreïn ont appelé, mercredi 24 septembre, les États membres de l'UE à arrêter leur politique de « deux poids, deux mesures » envers leur pays. Invité au Parlement européen, le président du Bahrain Center for Human Rights, Nabeel Rajab, a expliqué que l'UE devait signifier aux pays du Golfe, dont Bahreïn, qu'être riches et avoir du pétrole ne signifiaient pas avoir le droit de ne pas respecter les droits de l'homme. « Le comportement de certains États membres leur font penser que c'est le cas », a-t-il ajouté, critiquant le fait que « de nombreux pays avaient des relations, entre autres économiques, normales avec Bahreïn ». « Il y a beaucoup de valeurs en Europe, des lignes directrices sur les droits de l'homme et ces lignes ne sont pas respectées par certains pays à l'occasion de relations commerciales avec Bahreïn », a expliqué M. Rajab. « Il ne devrait pas y avoir d'échanges commerciaux avec un pays qui viole les droits de l'homme », a-t-il ajouté. M. Rajab et Sayed Alwadaei, du Bahrain Institute for Rights and Democracy, ont dénoncé, entre autres, les ventes d'armes du Royaume-Uni au Bahreïn.

M. Rajab a critiqué le « deux poids, deux mesures » de la politique étrangère de nombreux pays car « de nombreuses personnes paient le prix de ce double standard ». « La communauté internationale a abandonné nos efforts pour la démocratie et les droits de l'homme à cause des intérêts [de ces pays], des ventes d'arme et du pétrole », a-t-il expliqué. « Nous avons besoin de l'attention de la communauté internationale », a expliqué le militant des droits de l'homme. Lui, qui vient de passer deux ans en prison, a rappelé que son pays d'un million d'habitants comptait 4 000 prisonniers politiques.

Si, selon un représentant du SEAE, M. Antonis Alexandris, il était « important de participer aux prochaines élections, sinon ce serait un cercle vicieux », M. Nabeel a précisé que ces élections de novembre n'étaient pas la priorité. « Le pays doit passer par un processus de réconciliation, des mesures de confiance, ce sont les priorités politiques, et non pas l'organisation d'élections, si la moitié de l'opposition qui a lancé le mouvement (pour plus de démocratie) est en prison quand le pays est divisé », a-t-il expliqué. Il a demandé au gouvernement et à l'opposition de s'asseoir autour d'une table pour discuter, de se « rassembler pour pouvoir sortir de la crise ».

Pour M. Alexandris, la « seule voie ouverte au Bahreïn est la voie de la réforme ». De son côté, Michael Mann, porte-parole de la Haute Représentante, Catherine Ashton, a souligné que l'UE avait appelé à la libération des « personnes arrêtées dans le cadre des activités politiques pacifiques » et à la mise en place d'un « dialogue constructif et inclusif qui réponde aux aspirations légitimes de tous les Bahreïnis ». L'UE a « toujours encouragé le gouvernement à protéger les droits universels de la liberté d'expression et de réunion » et demandé « à tous les éléments de la société de s'engager dans l'expression pacifique de leurs opinions politiques ». (CG)

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