Umeå, 25/09/2014 (Agence Europe) - La remise en question du PIB pour calculer la répartition des fonds structurels européens par régions promet d'être le prochain grand chantier pour la politique de cohésion.
Les régions périphériques et maritimes restent très critiques au sujet du PIB en tant que pilier de la méthodologie utilisée par la Commission européenne pour déterminer le niveau de développement des régions d'Europe.
Indicateurs alternatifs. Leurs représentants l'ont répété lors de l'assemblée générale de la Conférence des régions périphériques et maritimes d'Europe (CRPM), jeudi 25 septembre à Umeå, en Suède. Comme l'a illustré un délégué de la région Shetland au Royaume-Uni, nonobstant un PIB éventuellement élevé, une région périphérique doit endosser 5% supplémentaires de coûts de mise sur le marché. « Il faut un meilleur indicateur qui prenne en compte l'éloignement », a-t-il dit. Un de ses homologues finlandais s'interroge même sur la légitimité d'un tel indicateur. Il suggère la prise en compte d'autres critères dans la méthode de calcul, tels que la gouvernance (dont la corruption) ou l'inégalité des revenus. La Commission n'est plus si insensible à ces critiques. Wolfgang Streitenberger, conseiller du directeur général de la DG REGIO, a admis qu'après 2020 il serait possible d'introduire de nouveaux critères sans toutefois remplacer l'indicateur PIB.
Tout au long de la réforme de la politique de cohésion pour la programmation 2014-2020, la CRPM a plaidé pour une méthode de calcul reflétant de manière plus appropriée la situation des régions. La Commission a fait la sourde oreille durant les deux années de négociation, mais il semble que la porte soit désormais entrouverte. Le 6ème rapport sur la cohésion mentionne la nécessité d'entamer une réflexion à ce sujet. Le commissaire européen au Développement régional, Johannes Hahn, a également évoqué cette possibilité en conclusion du Forum sur la cohésion, début septembre. (MD)