Bruxelles, 23/09/2014 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Industrie se sont accordés, lors du Conseil Compétitivité réuni jeudi 25 septembre, sur des orientations pour l'intégration systématique des questions relatives à la compétitivité industrielle dans tous les domaines d'action pertinents de l'UE - l'environnement, le climat, l'énergie, le commerce, la concurrence, les aides d'État et la politique régionale - en vue de renforcer la base industrielle de l'économie européenne. Des conclusions très détaillées, adoptées jeudi par le Conseil, balisent la voie à suivre pour que la Commission et les États membres s'efforcent de prendre en compte systématiquement les aspects relatifs à la compétitivité industrielle dans les différentes politiques européennes.
Jeudi, les ministres de l'Industrie ont aussi réaffirmé leur soutien à la stratégie présentée début 2014 par la Commission afin de renforcer la base industrielle de l'UE, appelée stratégie pour la « renaissance industrielle » et dont l'objectif est d'enrayer le (relatif) déclin industriel de l'UE pour porter à 20% la part du secteur manufacturier dans le PIB de l'UE d'ici 2020. Lors du débat, plusieurs États membres se sont toutefois montrés réticents à l'idée de rendre cet objectif contraignant, a expliqué le commissaire à l'Industrie, Ferdinando Nelli Feroci. D'où la « formulation alambiquée » qui figure dans les conclusions du Conseil, dans lesquelles les Vingt-huit disent seulement « noter avec intérêt » l'intention de la Commission de voir la part de l'industrie atteindre jusqu'à 20 % du PIB d'ici 2020. « J'ai dit aux délégations que cet objectif devait être vu comme une aspiration, pas comme une contrainte », a toutefois expliqué M. Nelli Feroci.
Plan d'investissement de Juncker, le Conseil Compétitivité veut être étroitement impliqué. Les ministres ont aussi eu un échange de vues sur le plan d'investissement préconisé par le futur président de la Commission, Jean-Claude Juncker. « Nous pensons qu'il faudrait s'atteler à travailler sur ce plan au sein de plusieurs formations du Conseil, dont le Conseil Compétitivité et pas seulement au Conseil Ecofin. En effet, nous devons tabler sur une approche horizontale et intégrée pour ce plan. Il appartiendra au prochain commissaire à l'Industrie de revenir sur les détails de ce plan », a résumé le secrétaire d'État italien aux Affaires européennes, Sandro Gozi, à l'issue des travaux. « En tant que présidence, nous avons réaffirmé toute l'importance que nous attachons à ce plan. La nouveauté de ce plan c'est qu'il conjugue des ressources privées et publiques, ce qui génère beaucoup d'attentes. On s'attend à des discussions approfondies avec le président Juncker lors du Conseil européen du mois de décembre », a conclu M. Gozi. (EH)