Bruxelles, 12/09/2014 (Agence Europe) - À l'heure où nous mettions sous presse, vendredi 12 septembre, le commissaire au Commerce rencontrait le ministre russe du Développement économique, Alexei Ulyukayev, et le chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkin, pour conclure les discussions relatives à l'impact de la mise en oeuvre de l'accord de libre-échange UE/Ukraine sur l'économie russe.
Cette session donnait suite aux réunions ministérielles trilatérales de Bruxelles, le 11 juillet, et de Minsk, le 26 août, pour résoudre les questions en suspens dans ce dossier, alors que le Parlement européen, comme la Rada, le Parlement ukrainien, doivent ratifier l'accord de libre-échange UE/Ukraine dans la semaine du 15 septembre. Notons par ailleurs que le président ukrainien, Petro Porochenko, a annoncé la tenue du premier Conseil d'association UE/Ukraine le 17 novembre.
« Les trois parties vont avancer des propositions qui seront discutées au cours de cette réunion. Le résultat idéal serait un compromis entre les parties. Nous ne savons pas encore quelle formule cela prendra », avait expliqué, un peu plus tôt dans la journée, le porte-parole du commissaire De Gucht, Wojtek Talko. « [L'accord UE/Ukraine] prévoit déjà une certaine flexibilité. Ce que nous essayons d'expliquer, c'est qu'il y a les textes et les annexes, dans lesquels il y a déjà une très grande flexibilité qui devrait permettre de prendre en compte bon nombre de préoccupations émises par les Russes. C'est ce que nous avons déjà dit par le passé. L'objet de la présente réunion est d'apporter des précisions à cela », a ajouté M. Talko.
« Cet accord gardera tout son sens. Je ne vais pas entrer dans les détails. Le commissaire De Gucht nous informera du contenu de ces entretiens », avait, de son côté, assuré la porte-parole de la Commission, Pia Ahrenkilde, répondant, lors du point presse de la mi-journée, à des questions de la presse évoquant l'hypothèse que l'accord pourrait être vidé de sa substance pour répondre aux préoccupations de Moscou.
L'accord de libre-échange UE/Ukraine vise en particulier à supprimer la plus grande partie des droits de douane entre les deux économies - libéralisation tarifaire pour 82,3% des produits agricoles ukrainiens, préférences pour 83,4% des exportations ukrainiennes de produits agricoles transformés et suppression des tarifs sur 94,7% des produits industriels ukrainiens.
La Russie redoute une arrivée sur son marché, via l'Ukraine, de produits fabriqués dans l'UE, au détriment de sa production nationale. En outre, Moscou considère que l'Ukraine ne peut pas bénéficier de conditions commerciales privilégiées avec elle et avec l'UE à la fois. La dégradation des relations entre l'Ukraine et la Russie, ces dernières années, s'est traduite par une baisse importante des échanges bilatéraux. La Russie et l'UE représentent chacune près de 25% des échanges commerciaux de l'Ukraine. La Russie est un débouché très important notamment pour les industries lourdes (métallurgie, chimie, aéronautique et défense) de l'est russophone de l'Ukraine, où est en cours un conflit séparatiste. (EH)