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Bulletin Quotidien Europe N° 11154
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) irlande

L'Eurogroupe soutient un remboursement anticipé des prêts du FMI

Milan, 12/09/2014 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro voient d'un bon oeil la demande de l'Irlande d'être autorisée à rembourser de manière anticipée les prêts contractés auprès du FMI.

Il existe « un large soutien » au sein de l'Eurogroupe sur cette question, a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, vendredi 12 septembre à Milan, rappelant que tous les créanciers de l'Irlande devaient donner leur aval avant que Dublin puisse procéder au remboursement anticipé. Au nom du Mécanisme européen de stabilité (MES), Klaus Regling a accueilli favorablement la requête irlandaise et espéré que les procédures nationales nécessaires seront conclues rapidement. Le président de la BCE, Mario Draghi, s'est contenté de prendre note de l'accord politique. Selon lui, il n'y a pas de connexion entre ce débat et celui sur le remboursement des 'promissory notes', ces prêts accordés pour le sauvetage de la banque AIB.

Dans le cadre de son plan de sauvetage triennal achevé fin 2013, l'Irlande a bénéficié d'une aide financière s'élevant à 67,5 millions d'euros, dont 22,5 milliards provenant du FMI. L'organisation financière internationale a en réalité déboursé moins de 19,5 milliards d'euros à des taux proches de 5%. L'échéance des remboursements irlandais au FMI pour les prochaines années est la suivante: 171 millions d'euros d'intérêts en 2014 ; 1,2 milliard d'euros, dont 674,2 milliards d'intérêts en 2015 ; 2,8 milliards, dont 628 millions d'intérêts en 2016 ; 3,4 milliards, dont 530 millions d'intérêts en 2017 ; 3,6 milliards, dont 408 millions en 2017.

Rembourser de manière anticipée ces prêts en les finançant soit en empruntant à moindre coût sur les marchés soit en procédant à des privatisations d'actifs bancaires nationalisés représenterait une économie de 375 millions d'euros pour l'Irlande. Selon le FMI, un remboursement anticipé n'impliquerait pas le paiement de pénalités particulières.

« Nous avons le soutien des institutions », s'était réjoui le ministre irlandais des Finances, Michael Noonan, à son arrivée à l'Eurogroupe. Il devait aborder la question avec ses homologues du Danemark, du Royaume-Uni et de la Suède, trois pays hors zone euro ayant fourni des prêts bilatéraux à Dublin. Le ministre irlandais a néanmoins admis que la Suède ne serait peut-être pas en mesure de prendre rapidement une décision politique en raison des prochaines élections législatives, « même si un soutien existe pour ce que nous faisons ».

Le remboursement anticipé des prêts du FMI est également à l'ordre du jour du Conseil Écofin informel dans la mesure où l'UE a fourni des prêts à l'Irlande à travers le mécanisme communautaire MESF.

Quoique favorables sur le principe, certaines délégations ont exprimé le souhait que le FMI continue de faire partie du programme de surveillance post-programme à travers lequel la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) continue de suivre l'évolution de la situation économique en Irlande et la capacité du pays à rembourser ses créanciers institutionnels.

Lisbonne à l'affût. Suivant l'initiative irlandaise avec intérêt, le Portugal réfléchit à l'opportunité d'introduire la même requête auprès de ses partenaires européens pour la part des 26 milliards d'euros de prêts que le pays a contractés auprès du FMI pour lesquels les taux d'intérêt sont les plus élevés. (MB)

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