Bruxelles, 12/09/2014 (Agence Europe) - Le gouvernement central espagnol est resté de marbre face à la mobilisation de 500 000 catalans, jeudi 11 septembre, pour défendre l'organisation d'un référendum sur l'autodétermination de leur région le 9 novembre prochain.
Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, s'est contenté de réagir à la fête nationale catalane, la Diada (EUROPE 11153), par un tweet laconique, affirmant que « la solidarité permet à un andalou de vivre avec le coeur d'un catalan et vice-versa. Cette générosité définit notre identité en tant qu'Espagnols » (en analogie à un centre de transplantation cardiaque qu'il visitait le même jour).
M. Rajoy est résolument opposé à la tenue du référendum sur l'autodétermination annoncé par le gouvernement régional catalan le 9 novembre prochain, en dépit du très large soutien populaire dont le référendum bénéficie au sein de la population catalane, comme l'a encore démontré la mobilisation de la Diada. Le référendum n'a pas encore été formellement convoqué par le parlement catalan, qui doit promulguer une loi à ce sujet la semaine prochaine. Il faut s'attendre à ce que le gouvernement central espagnol présente un recours contre cette loi régionale auprès de la Cour constitutionnelle espagnole afin de l'annuler et d'empêcher ainsi la tenue de ce référendum (il y a eu un précédent avec le pays basque en 2008). La Cour constitutionnelle peut trancher à ce sujet dans un délai très bref, affirme une source diplomatique espagnole. C'est là une différence de taille avec le référendum écossais qui aura lieu le 18 septembre, qui, lui, est reconnu par le gouvernement britannique.
Ces processus d'autodétermination sont « suivis de très près » par la Commission européenne, a affirmé la porte-parole, Pia Ahrenkilde, le 12 septembre. Elle a de plus soutenu que la position européenne à propos de l'éventualité d'une sécession au sein de l'Europe n'avait pas évolué (le nouvel État deviendrait un pays tiers à l'UE, et les traités européens ne lui seraient plus applicables, voir EUROPE 11151).
Cette même source diplomatique espagnole a en outre affirmé à EUROPE qu'aucun échange entre la Commission et les autorités espagnoles n'avait eu lieu à propos du cas catalan. (MD)