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Bulletin Quotidien Europe N° 11154
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) eurogroupe

Un seul mot d'ordre, les réformes structurelles

Milan, 12/09/2014 (Agence Europe) - Sans citer une seule fois le cas de la France, les représentants de l'Eurogroupe ont réitéré l'importance d'adopter et d'appliquer des réformes structurelles pour stimuler la reprise économique dans la zone euro, vendredi 12 septembre à Milan.

« Il est nécessaire d'accélérer les réformes structurelles, sinon, il n'y aura pas de reprise économique durable. Aucun pays n'est exonéré », a déclaré le commissaire chargé des Affaires économiques et monétaires, Jyrki Katainen. Pour le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, des « réformes énergiques et crédibles » accompagnées d'une politique d'« investissements » permettront d'augmenter la croissance potentielle de la zone euro. Nous ne pouvons nous reposer uniquement sur la politique monétaire de la BCE, a-t-il ajouté. Et d'admettre que mener des réformes structurelles douloureuses « demande du temps et du courage politique ». « L'effet des politiques monétaires et budgétaires est bien plus grand si les réformes structurelles sont mises en œuvre », a enchaîné le président de la BCE, Mario Draghi, notant que les grands argentiers européens parlent de « dividendes » en termes de croissance découlant de ces réformes.

La question est désormais la suivante: quel type de réformes est nécessaire ? Ces réformes ne peuvent être identiques pour tous les États membres si ce n'est qu'elles doivent poursuivre un même objectif: stimuler l'activité économique. M. Katainen a insisté sur « l'amélioration de la qualité des dépenses publiques ». Selon le libéral finlandais, hostile à toute hausse de la fiscalité pour équilibrer les finances publiques, impossible d'échapper à la réduction des dépenses, les seuls choix à opérer portant sur la nature des coupes budgétaires. Il a néanmoins prôné des investissements dans les domaines de la recherche et évoqué le plan d'investissement évalué à 300 milliards d'euros sur 3 ans que la future Commission européenne préparera. D'après lui, ce plan comportera deux parties, l'une sur l'utilisation optimale des ressources publiques et la seconde sur la concrétisation du marché unique dans des secteurs tels que les technologies numériques. À noter que l'Eurogroupe a planché sur l'allègement de la taxation pesant sur le travail.

Flexibilité. Ces déclarations de l'Eurogroupe sur les réformes structurelles sonnent pourtant comme une mise en garde directe à l'encontre de la France, même si, aux dires de M. Dijsselbloem, soucieux de couper court à toute polémique, la situation économique et budgétaire spécifique de cet État membre n'a pas été discutée à Milan. « Les États membres sont jugés sur la base de leurs efforts en termes de réformes structurelles », a néanmoins prévenu le ministre néerlandais des Finances. La Commission présentera, début novembre, son évaluation des projets de budget nationaux pour 2015 que les États membres doivent lui soumettre d'ici à mi-octobre.

Considérant le Pacte de stabilité et de croissance comme une « ancre de stabilité », l'Eurogroupe rappelle que le recours à la flexibilité des règles budgétaires européennes ne devra pas miner la crédibilité du Pacte qui a été regagnée avec difficulté. M. Katainen a rappelé les deux pré-conditions permettant à un État en situation de déficit excessif de bénéficier d'une extension du délai fixé pour respecter ses objectifs budgétaires à moyen terme: l'évocation d'une situation économique exceptionnelle et l'application effective de mesures visant à corriger le déficit structurel. Ces deux pré-conditions « doivent être remplies avant que nous commencions à envisager l'extension d'un délai », a souligné l'ancien Premier ministre finlandais.

Mercredi, la France a annoncé qu'elle ne serait en mesure de ramener son déficit public sous la barre des 3% du PIB qu'en 2017 au lieu de 2015 (EUROPE 11152). Elle a maintenu ses engagements en matière de réduction du déficit structurel, c'est-à-dire débarrassé des effets de la conjoncture, à travers un plan de coupes budgétaires évalué à 50 milliards d'euros d'ici à 2017, dont 21 milliards en 2015. (MB)

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