Milan, 12/09/2014 (Agence Europe) - Sans surprise, l'eurozone a décidé, vendredi 12 septembre, de geler le versement de la prochaine tranche d'aide à Chypre, dont le ministre est arrivé à l'Eurogroupe sans les résultats qui étaient attendus. La 'troïka' (Commission, BCE, FMI) a en effet jugé que la loi sur les saisies immobilières était rendue obsolète par la multitude d'amendements dont elle a été flanquée par le parlement chypriote. Une des dispositions problématiques prévoit notamment que pour un prêt inférieur à 350 000 euros, si une saisie a lieu et qu'un montant est toujours dû, alors ce montant doit être effacé de l'ardoise.
« Nous attendons que les autorités chypriotes clarifient la manière dont elles comptent procéder », a indiqué Jyrki Katainen, vice-président de la commission en charge des affaires économiques et monétaires. M. Katainen a souligné l'importance de cette réforme clé pour « permettre aux banques de recommencer à fournir le crédit nécessaire à la reprise économique ». Le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, a, au nom de l'eurozone, appelé les parties prenantes à assumer leurs responsabilités et à assurer qu'un cadre adéquat sur l'insolvabilité et les saisies soit en place dès que possible.
Une fois que les autorités chypriotes auront mis en oeuvre cette action préalable, le Mécanisme européen se tiendra prêt à décaisser 350 millions d'euros. Peut-être début octobre, selon son directeur général, Klaus Regling. À son départ, fin juillet, la 'troïka' avait déjà adressé ces recommandations à Chypre, dont le secteur bancaire est étouffé par les prêts toxiques et protégé par un cadre juridique jugé faible. (EL)