Bruxelles, 24/07/2014 (Agence Europe) - La clôture de barbelés le long de la frontière entre la Bulgarie et la Turquie a été achevée mercredi 23 juillet par le gouvernement bulgare, ont rapporté plusieurs médias. Ce « mur de séparation », visant à empêcher l'arrivée de migrants dans l'UE, fait 30 kilomètres de long et 3 mètres de haut. Sa construction avait démarré en novembre 2013, à une époque où les autorités disaient ne plus pouvoir faire face à l'arrivée de migrants, en grande partie des réfugiés syriens. Cette clôture a été érigée près de la ville d'Elhovo, à quelques kilomètres de la frontière turque. Officiellement, il ne s'agit pas d'empêcher les demandeurs d'asile de se rendre en Bulgarie, mais de les « orienter » vers les postes-frontières, ont rapporté les médias bulgares. Depuis la mise en place du dispositif de sécurité, l'afflux d'immigrants se serait en tout cas quasiment arrêté.
La clôture a été dénoncée par les ONG dont Amnesty International qui déplore que « cette approche fondée sur la sécurité globale reflète les politiques migratoires et les pratiques de l'UE, avec des millions d'euros affectés chaque année par les États membres pour les clôtures et les patrouilles frontalières », dit l'organisation dans un communiqué. Selon Amnesty, l'UE a alloué près de 2 milliards d'euros à la protection et à la police des frontières extérieures entre 2007 et 2013. Et elle n'a dépensé que 700 millions d'euros pour l'amélioration de la situation des demandeurs d'asile et des réfugiés dans la même période. Plus précisément, sur la période 2007-2013, l'UE avait 4 instruments de financement pour l'asile et la migration, dont le Fonds européen pour l'intégration des ressortissants des pays tiers (doté de 825 millions d'euros), le Fonds européen pour les réfugiés (700 millions), le Fonds pour le retour (630 millions) et le Fonds pour les frontières extérieures (1,820 milliard). (SP)