Bruxelles, 23/07/2014 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia, décidera en septembre quelle suite il veut donner au dossier Google, a déclaré mercredi 23 avril son porte-parole, Antoine Colombani.
Google fait l'objet d'une enquête depuis 4 ans et a offert en février une série d'engagements pour répondre des accusations d'abus de position dominante dans la recherche en ligne et la publicité qui y est liée.
« Début août, toutes les réponses » des plaignants aux lettres de rejet de la Commission « auront été soumises, nous analyserons alors les arguments qu'elles contiennent et, en fonction du résultat de l'analyse, les prochaines étapes seront décidées par M. Almunia en septembre », a indiqué M. Colombani. Ces propos interviennent alors que le Wall Street Journal et le Financial Times avaient rapporté, la veille, que, face à des arguments convaincants des plaignants, le commissaire pourrait décider de revoir les engagements proposés par le géant américain de l'Internet. Dans ce cas, la future Commission 'Juncker' hériterait alors du dossier. Plusieurs sources proches des discussions ont confirmé que les choses pourraient aller dans ce sens.
Selon le FT, la Commission se pencherait sur deux éléments en particulier: - une visibilité plus grande pour les rivaux de Google est suffisante pour remédier au détournement du trafic vers les services de Google et ; - le principe d'enchère par le biais duquel trois services concurrents seront mis en avant. Sur ce second point, la société plaignante Foundem est d'avis que l'argument de la Commission, selon lequel ce système d'enchère ne générera pas de nouveaux profits pour le géant américain, est « erroné » (EUROPE 11123). Une autre question est celle d'une potentielle étendue du champ de l'enquête à d'autres services, comme Youtube, selon le FT.
Deux députés européens actifs sur la question depuis près de deux ans, l'Espagnol Ramon Tremosa i Balcells (ADLE) et l'Allemand Andreas Schwab (PPE), ont accueilli avec satisfaction le fait que M. Almunia puisse décider de rouvrir le dossier. L'accord avec Google en l'état « échoue à lutter contre l'abus dans le meilleur intérêt des consommateurs », ont-ils expliqué, dans un communiqué. Une de leurs critiques vise directement ledit système d'enchère. « Les consommateurs ne trouveront plus l'offre la moins chère en haut de la page de Google mais ceux qui ont la plus grande marge de revenus et, en même temps, de nouvelles et innovantes start-up ne seront simplement plus capables d'entrer sur le marché en ligne pour rivaliser comme elles n'ont pas le capital nécessaire pour participer à l'enchère de Google », ont-ils estimé. M. Almunia a, jusqu'ici, estimé que les engagements de Google étaient suffisants tout en reconnaissant que les arguments des plaignants pourraient lui faire changer d'avis, même s'il en doutait. Début juin, dans une lettre à ses homologues, il avait déjà envisagé de demander des améliorations auxdits engagements.
Certaines sources voient par ailleurs le président de la Commission, José Manuel Barroso, sous pression pour ne pas léguer à la Commission 'Juncker' un accord en l'état si important et qui limiterait sa marge de manoeuvre quant à l'agenda numérique que celle-ci compte se fixer. Les petites entreprises européennes auraient, quant à elles, du mal à survivre au choc. (EL)