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Bulletin Quotidien Europe N° 11126
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Flexibilité du Pacte, l'Italie n'en démord pas

Bruxelles, 22/07/2014 (Agence Europe) - Le ministre italien de l'Économie et des Finances, Pier Carlo Padoàn, est d'avis que l'application du Pacte de stabilité et de croissance doit tenir compte de l'impact à moyen terme des réformes structurelles menées dans les États membres.

« Le moment est venu de réfléchir concrètement à la stratégie la plus efficace pour favoriser de nouveau la croissance et la création d'emploi. C'est ce que demandent les citoyens européens », a déclaré M. Padoàn, mardi 22 juillet, devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen à qui il présentait les priorités de la Présidence italienne du Conseil de l'UE. Il a réitéré la position officielle du Conseil européen selon laquelle « il ne s'agit pas de changer les règles (du Pacte) mais d'utiliser celles qui existent de la meilleure des façons et avec une vision à long terme » (EUROPE 11110).

Sur cette base, le ministre a donné son opinion sur la façon dont le Pacte de stabilité et de croissance peut être interprété. « Quand il s'agira d'évaluer la performance d'un État en matière de réformes mises en oeuvre, on devra prendre en compte le fait qu'un pays a besoin de temps. Pas un an, mais deux ou trois, pour voir les bénéfices et juger si, oui ou non, une réforme a été élaborée et appliquée correctement », a-t-il estimé. Il a souligné l'importance de peser les coûts - notamment politiques - à court terme par rapport aux effets bénéfiques à long terme en termes de croissance et de compétitivité. Les réformes à mener doivent aussi s'adapter aux spécificités d'un pays. Pour M. Padoàn, « dans certains États, l'administration publique ne fonctionne pas ; dans d'autres, c'est le système judiciaire et dans un troisième groupe, l'Italie en particulier, la réforme du travail est extrêmement importante ». Et le ministre de prôner l'octroi d'« incitations » aux États appliquant des réformes structurelles afin de contrebalancer l'impact négatif à court terme des réformes.

L'Italie ne fait plus l'objet d'une procédure d'infraction pour déficit excessif. En proie à une croissance anémique, elle a le plus grand mal à respecter les règles européennes fixant une trajectoire de réduction de la dette qui, dans son cas, culminait à plus de 135% du PIB au 1er trimestre 2014, selon Eurostat. « La voie de sortie d'une situation de très fort endettement, c'est la croissance », a souligné M. Padoàn, tout en notant que le Pacte est en mesure de tenir compte de « circonstances exceptionnelles » pouvant justifier une déviation de la trajectoire de réduction de la dette.

Ces déclarations sur la nécessité de stimuler la croissance s'inscrivent dans un contexte où la reprise, plus lente que prévu, s'essouffle aussi dans les pays moteurs tels que l'Allemagne. Elles répondent aussi à la sortie du commissaire intérimaire chargé de l'euro, Jyrki Katainen, qui avait demandé à l'Italie de faire d'abord les réformes avant de demander plus de flexibilité, dans une interview qu'a publiée vendredi dernier Die Welt.

Souhaitant activer tous les leviers européens capables de stimuler la croissance, le président en exercice du Conseil Écofin a évoqué la révision à mi-parcours de la stratégie 'EUROPE 2020' dont les priorités pourraient être encore mieux focalisées sur l'achèvement du marché unique et les investissements dans le capital humain, la recherche et l'innovation. Il convient de renforcer « le lien entre les instruments disponibles et les objectifs fixés », a indiqué M. Padoàn, désireux aussi de promouvoir les financements à long terme. Il n'a, en revanche, pas répondu aux questions lui demandant si le plan d'investissement de 300 milliards d'euros évoqués devant le PE par le futur président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, relançait le débat sur la prise en compte de certains investissements dans le calcul du déficit public.

Fiscalité. Dans le domaine fiscal, M Padoàn a souhaité que la Présidence italienne soit en mesure de faciliter un accord à onze États membres sur l'introduction « graduelle » de la taxation sur les transactions financières (EUROPE 11086). Et d'espérer l'adoption, d'ici à fin décembre, de la proposition renforçant la coopération administrative dans le domaine fiscal destinée à incorporer dans législation de l'UE le nouveau standard global sur l'échange automatique d'informations élaboré par l'OCDE (EUROPE 11104). (MB)

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