Bruxelles, 22/07/2014 (Agence Europe) - C'est sur l'immigration légale et illégale, la protection des données ou encore le futur Parquet européen que la Présidence italienne est le plus attendue en matière de justice et d'affaires intérieures.
Le ministre italien de l'Intérieur, Angelino Alfano, et celui de la Justice, Andrea Orlando, ont pu s'en rendre compte, mardi 22 juillet, lors de la présentation du programme de travail de la Présidence italienne devant les députés de la commission des libertés civiles du Parlement européen. Un programme exhaustif mais qui n'a donné lieu à aucune annonce, les deux ministres se contentant de rester dans les clous fixés par le Conseil. Ainsi, M. Alfano a dit qu'il fallait travailler à ouvrir de nouvelles voies légales de migration vers l'UE, mais sans préciser à ce stade de quelle manière. Il a expliqué que les frontières communes devaient être mieux protégées et les moyens de Frontex revus à la hausse, ce qui a fait bondir Ska Keller (Verts/ALE, allemande). Elle s'inquiète que le renforcement des missions de Frontex se fasse au détriment des réfugiés syriens.
Parmi les priorités de l'Italie figure la coopération avec les pays d'origine des migrants qui arrivent dans l'UE et pas seulement avec les pays de transit. M. Alfano a insisté sur le dialogue avec les pays d'Afrique. Il a reconnu qu'il était très complexe, à l'heure actuelle, de travailler avec la Libye, pays par lequel arrivent la plupart des migrants en Italie. En matière d'immigration, l'Italie veut des « actions qui débouchent sur des résultats à court, moyen et long termes », a dit M Alfano. Le combat contre la traite des êtres humains, la corruption et le terrorisme, ainsi que la lutte contre les crimes inspirés par la haine, la xénophobie et la discrimination, figurent parmi les autres priorités de la Présidence italienne.
La réforme de la protection des données et l'échange de données avec des pays tiers, le Parquet européen ainsi que la coopération dans les domaines de droit pénal et civil sont des questions sur lesquelles la Présidence italienne espère progresser, a dit Andrea Orlando. « Pendant la Présidence, nous nous efforcerons de trouver une approche commune sur la protection des données », a-t-il promis. En revanche, l'Italie attendra la décision de la future Commission en ce qui concerne le sort de la directive « rétention des données » télécoms, invalidée en avril par la Cour de justice. (SP)