Bruxelles, 27/05/2014 (Agence Europe) - Le commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger, a avancé, lors de la réunion trilatérale Russie/Ukraine/UE sur le gaz, lundi 26 mai à Berlin, un plan de remboursement partiel par l'Ukraine de sa dette à l'égard du gazier russe Gazprom pour régler le différend qui oppose Moscou et Kiev depuis le mois d'avril. M. Oettinger voit « une bonne chance » d'arriver à un accord d'ici le 1er juin.
Après une réunion avec le ministre russe de l'Énergie, Alexander Novak, et le ministre ukrainien de l'Énergie, Iouri Prodan, M. Oettinger a indiqué que Moscou et Kiev allaient étudier sa proposition qui repose sur trois phases. D'abord, l'Ukraine rembourse 2 milliards de dollars d'ici vendredi 30 mai pour une partie de ses arriérés accumulés à l'égard de Gazprom pour les livraisons impayées depuis novembre 2013. Si ce remboursement est validé des deux côtés et effectué à temps, les négociations sur le prix du gaz applicable aux livraisons futures de gaz russe à l'Ukraine reprendront vendredi. Puis, dans un troisième temps, l'Ukraine paiera 500 millions de dollars à Gazprom le 7 juin, selon les termes de l'accord préliminaire élaboré lundi.
« Nous avons réalisé des progrès mais nous ne sommes pas parvenus à une percée », a toutefois tempéré M. Oettinger. Le ministre ukrainien, Iouri Prodan, a pour sa part confirmé qu'il n'y avait toujours pas d'accord entre Kiev et Moscou, et précisé que l'Ukraine n'avait pas encore accepté de payer 2 milliards de dollars d'ici jeudi. Les deux parties ont jusqu'à mercredi soir pour répondre à la proposition de M. Oettinger. « Le paiement ne fait pas question. L'Ukraine paiera ses dettes et honorera ses obligations. Mais nous voudrions avoir un prix tout compris », a expliqué M. Prodan, précisant qu'aucune proposition russe n'avait été mise sur la table concernant le prix. Mardi, le ministre ukrainien des Finances, Oleksandr Chlapak, a réclamé des assurances sur une baisse des prix avant tout remboursement de sa dette.
L'Ukraine veut un changement aux conditions d'un contrat de 2009 qui l'oblige à acheter un volume déterminé de gaz à 485 dollars pour 1 000 m3, le prix le plus élevé acquitté par un client européen. La Russie a revu fin 2013 ce prix à la baisse, à 268,50 dollars, avant de le rétablir après la destitution de l'ex-président ukrainien pro-russe, Viktor Ianoukovitch. M. Oettinger tente de faire se rencontrer les deux parties sur un prix médian. Le prix moyen payé par les clients européens au groupe russe Gazprom se situe autour de 370 dollars. Pour la partie russe, des progrès ont été réalisés lundi. « Nous sommes prêts à continuer les discussions pour fixer les prix futurs vendredi quand nous aurons été payés », a toutefois précisé M. Novak. (EH)