Bruxelles, 30/04/2014 (Agence Europe) - La Haute représentante, Catherine Ashton, a dénoncé, mardi 29 avril dans la soirée, la recommandation, la veille, par le tribunal de Minya, en Égypte, de condamner à mort 683 personnes, alors qu'il avait déjà émis une recommandation similaire pour 529 autres fin mars (EUROPE 11046). Ces 683 personnes, parmi lesquelles figure le guide suprême des Frères musulmans, Mohammed Badie, sont des partisans du président islamiste déchu, Mohamed Morsi, accusés d'actes de violence et de meurtres de policiers. Seule une cinquantaine est en prison, les autres ont été libérés sous caution, sont en fuite ou morts. Mme Ashton a ajouté qu'il est « particulièrement préoccupant » que, s'agissant de la première vague des 529 condamnations, la sentence ait été confirmée dans le cas de 37 personnes. Les autres ont vu leur peine commuée en prison à vie.
« Ces procès de masse sont clairement en violation du droit international concernant les droits de l'homme », a dénoncé Mme Ashton. « Les charges exactes retenues contre chacun des accusés restent floues, les procédures ne suivent pas les normes les plus élémentaires d'une procédure régulière et les verdicts semblent largement disproportionnés, ne respectant pas le principe de détermination de la peine individuelle », a-t-elle détaillé. Selon l'ONG Human Rights Watch, le procès n'a duré que quelques heures et les avocats de la défense n'ont pas eu droit à la parole. La Haute représentante a ainsi réitéré l'appel de l'UE aux autorités égyptiennes à veiller, en conformité avec les normes internationales, aux droits des accusés à « un procès équitable et en temps opportun sur la base de charges claires et d'enquêtes appropriées et indépendantes », et à assurer le droit d'accès et de contact avec les avocats et membres des familles. L'UE avait déjà formulé cette requête lors du procès des 529 personnes en mars.
Violations des droits de l'homme
Mme Ashton a aussi souligné que l'UE observait « une tendance très inquiétante » concernant le respect des obligations internationales de l'Égypte concernant les droits de l'homme et « le sérieux de la transition de l'Égypte vers la démocratie, qui exige un cadre juridique et judiciaire respectant les normes internationales des droits de l'homme ». Elle a ainsi appelé les autorités à « annuler immédiatement cette tendance qui compromet toute perspective de surmonter les divisions au sein de la société et à assurer les avancées vers une Égypte réellement démocratique, stable et prospère, à travers un processus politique ouvert à tous les citoyens ». 53 millions d'électeurs sont appelés aux urnes les 26 et 27 mai pour choisir leur président, entre le ministre de la Défense et ex-maréchal, Abdel Fattah al-Sissi, et l'opposant et homme politique de gauche, Hamdine Sabahi. (CG)