Bruxelles, 30/04/2014 (Agence Europe) - L'énergéticien autrichien OMV et le gazier russe Gazprom ont signé, mardi 29 avril, un protocole d'accord sur la mise en oeuvre du tronçon autrichien du gazoduc South Stream. Dans le contexte actuel tendu d'un différend gazier russo-ukrainien menaçant pour l'UE, Gazprom sécurise ainsi sa position en Autriche, pays que le gazier russe alimente depuis plus de 40 ans.
Ce protocole d'accord énonce les intentions des parties à construire la section autrichienne de Gazprom, qui reliera la Bulgarie, depuis la mer Noire, à Baumgarten, à l'est de l'Autriche, en traversant la Serbie et la Hongrie. Sa capacité maximale sera de 32 milliards de m3 cubes par an. Les parties espèrent obtenir tous les permis nécessaires à la construction d'ici fin 2015, en vue de premières livraisons de gaz en 2017, et une pleine mise en service de la section autrichienne en janvier 2018.
« La nécessité et les avantages du projet South Stream pour l'Europe sont évidents: South Stream vise à améliorer la sécurité énergétique des consommateurs européens, qui a toujours été considérée comme la priorité des priorités pour Gazprom. Il est à noter que Gazprom et OMV ont déjà établi une base solide en droit international pour la mise en oeuvre de ce projet - un accord intergouvernemental entre la Russie et l'Autriche signé en avril 2010 », commente le PDG du gazier russe, Alexeï Miller, dans un communiqué.
« C'est une étape importante pour accroître considérablement la sécurité de l'approvisionnement en gaz de l'Autriche et renforcer le rôle de Baumgarten comme plaque tournante gazière en Europe centrale et orientale. Notre long partenariat avec Gazprom a contribué à cette étape réussie pour diversifier davantage les voies d'approvisionnement en énergie de l'Europe », renchérit le patron d'OMV, Gerhard Roiss. L'accord a en outre reçu la bénédiction du ministre autrichien de l'Économie, Reinhold Mitterlehner, précise Gazprom.
Piloté par Gazprom et l'italien ENI, South Stream doit relier la Russie à la Bulgarie sous la mer Noire pour desservir le marché européen via deux branches, l'une, au sud, vers l'Italie, l'autre, au nord, vers l'Autriche. Le tout, en contournant l'Ukraine, principal pays de transit pour le gaz russe destiné à l'UE. (EH)