Bruxelles, 28/04/2014 (Agence Europe) - Une fragmentation « substantielle » des marchés financiers en Europe demeure, malgré des améliorations « considérables » ces dernières années, ont indiqué, lundi 28 avril, la Commission européenne et la BCE dans leur rapport annuel sur l'intégration financière.
Les marchés au sein de la zone euro et à l'échelle de l'UE sont « plus fragmentés aux niveaux économique et financier en comparaison avec la période d'avant-crise », indiquent les deux institutions européennes dans un communiqué conjoint. Selon elles, il existe une marge pour promouvoir plus d'intégration dans les segments de marché suivants: les titres d'entreprise, les obligations, la banque.
Plusieurs indicateurs permettent d'illustrer la fragmentation des marchés financiers. Alors que 60% des titres de dette détenus par les banques de la zone euro étaient de nature transfrontalière en 2008, cette proportion est tombée à moins de 40% en 2012 et s'est stabilisée depuis.
Depuis la crise financière, les banques des pays au coeur de la zone euro (Allemagne, Autriche, Finlande, France, Luxembourg, Pays-Bas) bénéficient encore davantage de la robustesse de leur pays d'origine pour se refinancer à court terme que leurs homologues des pays 'périphériques' (Belgique, Chypre, Espagne, Italie, Portugal, Slovénie, Slovaquie). En outre, la maturité moyenne des titres émis par les banques a diminué partout en zone euro. Néanmoins, cette maturité est désormais inférieure dans les pays 'périphériques', passant de 7 à 3 ans entre 2008 et 2014, alors qu'elle a diminué de 5 à 4 ans dans les pays au coeur de la zone.
Union bancaire. Le rapport souligne l'importance de l'union bancaire pour restaurer la confiance dans les 6 000 banques de la zone euro et lutter contre la fragmentation du marché. L'union bancaire comprend un mécanisme unique de supervision (SSM) et un mécanisme unique de résolution (SRM) (EUROPE 11061).
Le rapport rappelle le rôle de prêteur en dernier ressort que la BCE a joué pour le secteur bancaire. L'institut de Francfort souligne que les injections de liquidités dans l'économie ont culminé à 1 700 milliards d'euros courant 2012 pour décliner à 1 000 milliards fin 2013.
Les pays de l'UE ont également énormément contribué à stabiliser le secteur financier. Entre 2008 et 2012, les injections d'argent public dans le secteur bancaire de l'UE se sont élevées à 413,2 milliards d'euros sous forme d'apports en capital. Elles ont dépassé 60 milliards d'euros en Allemagne, en Espagne, en Irlande et au Royaume-Uni et elles ont représenté 10% du PIB à Chypre et près de 15% en Grèce et en Irlande. (MB)