Bruxelles, 28/04/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne a appelé le Maroc, lundi 28 avril, à boucler dès que possible sa procédure de ratification de son accord de pêche avec l'UE. L'UE a terminé le 16 décembre 2013 sa procédure d'adoption de cet accord de partenariat dans le domaine de la pêche, le Parlement marocain a ratifié le texte en février, mais il manque la signature du roi du Royaume du Maroc pour finaliser la procédure de ratification. En attendant, les navires de l'UE qui doivent pêcher dans les eaux du Maroc en vertu de cet accord ne peuvent toujours pas exercer leurs activités à cause de ces atermoiements. Les pêcheurs espagnols, qui bénéficient le plus de ces arrangements, sont très remontés contre ce retard.
Hélène Banner, la porte-parole de la commissaire à la Pêche, Maria Damanaki, a expliqué à EUROPE que la Commission européenne « est en contact avec les autorités marocaines. On n'a pas d'explications (sur le retard). Cela fait deux ans qu'il n'y a pas de protocole de pêche entre l'UE et le Maroc et il n'y a pas de raison, selon nous, pour attendre plus longtemps ». « Le fait que le Maroc n'ait pas achevé son propre processus de ratification empêche la reprise des activités de pêche, ce qui est regrettable », ajoute la porte-parole, citée dans un communiqué de presse.
Cet accord doit permettre à 126 navires dans 11 pays de l'UE de pêcher dans les eaux marocaines. Le nouvel accord doit s'appliquer pendant une période de quatre ans à partir de son entrée en vigueur. La contrepartie financière payée par l'UE en échange de l'accès aux eaux marocaines sera de 30 millions d'euros par an, et les possibilités de pêche augmentent de 33%, essentiellement en raison de l'augmentation dont bénéficie la catégorie de pêche pélagique industrielle (qui passe de 60 000 à 80 000 tonnes). Le grand regret espagnol reste l'exclusion de navires qui ciblent les céphalopodes.
Pas de lien avec les problèmes agricoles. Par ailleurs, le ministre marocain de l'Agriculture, Aziz Akhannouch, a déclaré, jeudi 24 avril, qu'il n'y avait pas de lien entre l'accord de pêche UE/Maroc et les accords agricoles entre les deux mêmes parties. Le ministre a ainsi souhaité faire taire les rumeurs selon lesquelles le Maroc retarderait l'entrée en vigueur de l'accord de pêche en raison des modifications que l'UE a introduites au régime des prix d'accès des fruits et légumes marocains sur le marché de l'UE (voir autre nouvelle). (LC)