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Bulletin Quotidien Europe N° 11068
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INSTITUTIONNEL / (ae) pe 2014

Les propos de M. Berlusconi suscitent l'indignation

Bruxelles, 28/04/2014 (Agence Europe) - Le gouvernement allemand a refusé de commenter, lundi 28 avril, les déclarations, qualifiées d'« absurdes », de l'ex-chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, qui avait affirmé que « pour les Allemands, les camps de concentration n'ont jamais existé ».

« Je ne dirai que cela de la part du gouvernement allemand à ce sujet: les affirmations qui ont été rapportées sont tellement absurdes que le gouvernement ne les commentera pas », a indiqué Steffen Seibert, le porte-parole du gouvernement allemand, lors d'une conférence de presse régulière.

M. Berlusconi, 77 ans, avait tenu ces propos samedi devant des militants lors d'un meeting de campagne, dans le cadre des élections européennes, en voulant s'en prendre au socialiste allemand Martin Schulz, sa bête noire et candidat à la présidence de la Commission européenne. L'ex-chef du gouvernement italien a rappelé devant des militants une scène datant de 2003 où il avait été contesté au Parlement européen et où, en réponse, il avait conseillé à M. Schulz, à l'époque député, de prendre le rôle du « kapo » [gardien en chef] dans les films sur les camps de concentration nazis. « Je ne voulais pas l'insulter, mais ça avait fait scandale, parce que pour les Allemands, les camps de concentration n'ont jamais existé. Ceux de Katyn [camp soviétique où furent massacrés des milliers de Polonais] oui, mais les [camps] allemands non », a ainsi dit M. Berlusconi.

Le porte-parole du gouvernement allemand a également refusé de commenter l'affiche du parti 'Forza Italia' de M. Berlusconi pour les élections européennes de mai, sur laquelle on peut lire qu'il faut « plus d'Italie et moins d'Allemagne » en Europe. « L'Allemagne coopère le plus étroitement et le plus amicalement possible au niveau européen avec l'Italie, et cela restera le cas », a simplement précisé M. Seibert.

Lundi, Jean-Claude Juncker, chef de file des conservateurs du Parti populaire européen (PPE), auquel appartiennent la CDU de Mme Merkel et Forza Italia, s'est dit « écoeuré » par les attaques de M. Berlusconi. Il a appelé l'homme d'affaires à « retirer immédiatement ses propos et à s'excuser auprès des survivants de l'Holocauste et auprès des citoyens allemands ». Pour M. Juncker, il y a des choses dont on ne se moque pas. « Pour tous ceux qui connaissent l'histoire européenne, cela est particulièrement vrai pour les atrocités commises durant l'Holocauste, qui ont fait des millions de victimes innocentes », a affirmé M. Juncker. « M. Berlusconi, on ne peut pas rire de l'Holocauste! », a mertelé M. Juncker. Alors que M. Berlusconi avait aussi critiqué le rôle de l'Allemagne pendant la crise, M. Juncker a dénoncé des « attaques inacceptables », en saluant la « solidarité sans précédent de l'Allemagne avec des pays européens en difficulté ». « Nous devons soigner les blessures, pas y mettre du sel, comme le fait M. Berlusconi avec ses déclarations. Nous devons réunifier l'Europe après la crise, pas créer de nouvelles divisions », a-t-il ajouté. « Personne n'a le droit d'insulter des amis et des partenaires au sein de l'Union européenne », a encore déclaré M. Juncker.

Les propos de M. Berlusconi ont été dénoncés par le président du Parti des socialistes européens, Sergueï Stanichev, qui les a qualifiés de « méprisables ». « Ces commentaires sont une insulte à l'ensemble du peuple allemand, pas seulement pour Martin Schulz. C'est aussi une tentative cynique pour distraire [les électeurs] des vrais problèmes que sont la nécessité de davantage d'emploi et de croissance en Europe », a-t-il dit.

Silvio Berlusconi s'est déclaré, lundi, « ami » du peuple allemand. « Il est absurde de m'attribuer des sentiments anti-allemands ou une présumée hostilité envers le peuple allemand dont je suis un ami », affirme M. Berlusconi dans un communiqué publié sur le site de son parti, Forza Italia. M. Berlusconi accuse « la gauche européenne » de s'être livrée à « une énième spéculation » en extrapolant à partir d'une phrase, « d'un raisonnement que j'avais tenu sur le candidat de la gauche, Martin Schulz ». M. Berlusconi répond à M. Juncker: « Je ne peux que redire à Jean-Claude Juncker, qui ne devrait pas tomber dans ce genre de piège de campagne électorale, ce qui est déjà connu: je revendique mon rôle d'ami historique du peuple juif et de l'État d'Israël qui est, et reste, l'unique défenseur de la liberté et de la démocratie dans tout le Moyen-Orient ». (LC)

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