Bruxelles, 28/04/2014 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro discuteront, lundi 5 mai, de l'impact du taux de change sur la désinflation dans la zone euro. Ils prendront note de la décision qu'aura prise le Portugal sur les modalités de sortie de son plan de sauvetage financier triennal.
« Je m'attends à des discussions au plus haut niveau politique sur des questions telles que les variations en termes d'inflation », a indiqué un haut fonctionnaire européen, vendredi 25 avril. « Nous savons que certaines évolutions de taux de change ont contribué à faire tomber l'inflation à un niveau inférieur à la moyenne », a-t-il ajouté, ne s'attendant cependant pas à une discussion ministérielle controversée. Si la BCE est compétente en matière d'inflation, les ministres de la zone euro le sont sur la question du taux de change de l'euro. Celui-ci s'échangeait à un peu moins de 1,4 dollar, lundi 28 avril.
Évoquant les mesures (non) conventionnelles que la BCE pourrait prendre en cas de dégradation des perspectives d'inflation à moyen terme, le président de l'Institut de Francfort, Mario Draghi, a redit que le taux de change de l'euro constituait « un facteur de plus en plus important » dans l'évaluation de la BCE, en fin de semaine dernière (EUROPE 11067). Les chiffres provisoires de l'inflation dans l'eurozone pour le mois d'avril, que l'Office statistique de l'UE (Eurostat) publiera cette semaine, seront donc suivis avec intérêt. En mars, l'inflation s'est élevée à 0,5%, légèrement au-dessus du taux de 0,7% observé en février.
Portugal. L'Eurogroupe aura une discussion sur l'achèvement du plan de sauvetage du Portugal. Il prendra note de la décision des autorités portugaises sur les modalités d'achèvement de ce plan.
La situation macro-financière du pays s'étant grandement améliorée combinée à un afflux de liquidités à la recherche d'investissements en Europe, les analystes tablent sur une sortie de programme sans demande d'aide préventive de la part du Mécanisme européen de stabilité (MES) sous forme de ligne de crédit.
La semaine dernière, Lisbonne a réussi une émission de dette à long terme: 750 millions d'euros de titres à 10 ans ont été levés à un taux moyen de 3,6% (EUROPE 11066).
Grèce. Après avoir abordé le sujet de la réduction de la dette grecque lors d'une réunion technique des experts nationaux ('euro working group'), la Grèce mettra le sujet sur la table au niveau ministériel.
Les ministres des Finances de la zone euro devraient alors demander aux experts nationaux de lancer le travail technique sur cette question. La réduction de la dette grecque, subordonnée à l'enregistrement d'un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) en 2013, sera également à l'ordre du jour de la prochaine mission de la 'troïka' (Commission, BCE, FMI) à Athènes.
Lors de l'Eurogroupe, la Grèce présentera également sa stratégie de croissance pour les années à venir. « Il reste des défis significatifs après ces temps difficiles », a expliqué un haut fonctionnaire de l'UE.
Les ministres seront informés des politiques budgétaires et économiques menées dans des pays dont les gouvernements sont en place depuis peu, comme l'Autriche. La situation en France et en Allemagne sera également abordée.
Recapitalisation bancaire directe. Mises en veilleuse tant qu'un accord sur le mécanisme unique de résolution bancaire (SRM) n'était pas ficelé, les discussions visant à finaliser les lignes directrices autorisant le MES à recapitaliser directement une banque de la zone euro en difficulté reprendront, lundi prochain. Cette compétence sera uniquement disponible lorsque la BCE assumera sa fonction de superviseur européen dans le cadre du mécanisme unique de supervision bancaire (SSM), en novembre. Elle est plafonnée à 60 milliards d'euros et sera rétroactive, au cas par cas.
À noter que les Dix-huit signeront, mercredi 21 mai, le traité intergouvernemental sur lequel reposera en partie le Fonds unique de résolution (SRF) (EUROPE 11061). (MB et EL)