Bruxelles, 28/04/2014 (Agence Europe) - Les ambassadeurs des 28 États membres ont décidé, lundi 28 avril, lors d'une réunion exceptionnelle, de sanctionner 15 personnes supplémentaires en lien avec la crise ukrainienne et à la suite de la décision des ministres des Affaires étrangères, le 14 avril, d'étendre la liste des personnes faisant l'objet de sanctions ciblées pour avoir commis des actions compromettant l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine (EUROPE 11061). L'entrée en vigueur de ces nouvelles sanctions, avec la publication au Journal officiel de l'UE des textes juridiques comportant la liste des personnes concernées, aura lieu ce 29 avril. Selon une source diplomatique, il s'agit de Russes et d'Ukrainiens pro-russes. Ils viennent s'ajouter aux 33 personnalités déjà sous le coup de sanctions: gel de leurs avoirs dans l'UE et interdiction de visa sur le territoire européen. La décision a été adoptée par procédure écrite.
« Nous considérons les sanctions de la phase 2 (sanctions ciblées) comme étant le niveau approprié pour l'instant », a expliqué plus tôt dans la journée la porte-parole de la Commission, Pia Ahrendkilde-Hansen, précisant que « s'il y a une escalade supplémentaire, il y aura une occasion pour l'UE de considérer de passer à la phase 3 ». Cette phase qui porte sur des sanctions économiques est toujours en préparation. Selon une source européenne, le travail sur les sanctions ciblées de la phase 2 se poursuit également.
Et si la chancelière Angela Merkel a annoncé, le 25 avril, que les ministres des Affaires étrangères se réuniraient rapidement (EUROPE 11067), les ambassadeurs n'ont pas confirmé une telle réunion exceptionnelle, qui va aussi dépendre de la situation sur le terrain. Les ambassadeurs se rencontreront de nouveau le 30 avril pour leur réunion ordinaire et la situation en Ukraine devrait être à nouveau discutée.
De leur côté, les États-Unis ont annoncé, le 28 avril, vouloir imposer des sanctions à « sept représentants du gouvernement russe, dont deux membres du cercle restreint du président Poutine », qui feront l'objet d'un gel des avoirs et d'une interdiction de visa aux États-Unis, et à 17 entreprises liées au cercle intime de Vladimir Poutine, qui seront soumises à un gel de leurs avoirs. 13 de ces entreprises seront de plus soumises à une obligation de licence avec une présomption de refus pour l'exportation, la réexportation ou tout autre transfert d'éléments d'origine américaine aux entreprises. Washington a aussi annoncé une politique resserrée pour refuser toute demande de licence d'exportation pour les éléments de haute technologie qui pourraient contribuer aux capacités militaires de la Russie et les licences d'exportation existantes qui remplissent ces conditions seront retirées.
Le G7 va renforcer ses sanctions
Le 26 avril, les dirigeants des pays du G7 (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Canada, États-Unis et Japon) et les présidents du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont annoncé leur « engagement à prendre de nouvelles mesures pour assurer un environnement pacifique et stable (en Ukraine) pour les élections présidentielles du 25 mai », exprimant leur « vive préoccupation face aux tentatives incessantes des séparatistes soutenus par la Russie pour déstabiliser l'est de l'Ukraine ». Ils ont considéré que la Russie n'a pris « aucune mesure concrète pour appliquer » l'accord de Genève du 17 avril. « Nous sommes convenus qu'il faut agir rapidement », ont-ils expliqué. Ils se sont ainsi « engagés à travailler de toute urgence pour renforcer des sanctions et des mesures ciblées pour accroître le coût pour la Russie de ses actions », des sanctions qui seront « coordonnées et plus étendues, y compris des mesures sectorielles, si les circonstances le justifient ». Les dirigeants ont toutefois souligné que la voie diplomatique reste ouverte pour régler la crise. « Nous pressons la Russie de nous rejoindre en s'engageant dans cette voie », ont-ils précisé. (CG)