Strasbourg, 16/04/2014 (Agence Europe) - Un siècle après la Première Guerre mondiale, le repli nationaliste demeure la plus grande crainte des chefs des groupes politiques du Parlement européen, surtout à la veille des élections européennes.
Un débat a eu lieu mercredi 16 avril à Strasbourg consacré au centième anniversaire de la guerre 14-18. Il a donné l'occasion aux grands groupes de réaffirmer leur engagement en faveur de l'intégration européenne. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré que soutenir l'ultranationalisme et la xénophobie constituait une attaque aux valeurs européennes.
« Succomber aux sirènes nationalistes nous fera remonter le fil du temps vers la guerre », a lancé Joseph Daul (PPE, français). Hannes Swododa (S&D, autrichien) a rappelé que le PE devait défendre le modèle européen. Il a souligné que « la coopération n'est pas suffisante » et qu'il fallait des « institutions fortes pour garantir la paix ». Il a invité à lutter ensemble contre le nationalisme.
Plaidoyer fédéraliste. Décriant l'hégémonisme en Europe, le discours fédéraliste de Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE, français) a été édifiant. Il a exhorté à ne pas craindre « d'affronter les bêtises de l'extrême droite et gauche à propos de l'Europe (…) Si nous nous replions sur la nation, nous serons balayés. Voilà ce qu'il faut dire aux nationalistes ! ». Très critique sur la défense des intérêts nationaux au sein même du Parlement européen, il a déclaré qu'il n'y avait pas « d'intérêt commun qui soit réduit à un intérêt national. L'industrie automobile allemande n'est pas l'intérêt de toute l'Europe ! ». Favorable aux États-Unis d'Europe, il a assuré qu'une Europe fédérale était l'avenir du bien-être social de l'UE. Guy Verhofsdatd (ADLE, belge) a souligné que la guerre - ou l'absence de guerre - était le principal argument de la construction européenne. Mais il refuse de se contenter de raconter un passé « atroce mais distant ». Pour lui, l'UE est un projet d'avenir ; « pour conserver la paix chez nous, mais aussi dans notre voisinage, comme en Ukraine ». Daniel Cohn-Bendit a ajouté que « si nous laissons tomber les Ukrainiens, nous laisserons tomber d'autres peuples. Alors ce n'était pas la peine de construire l'Europe ! ». (MD)