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Bulletin Quotidien Europe N° 11054
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SOCIAL / (ae) social

Les fonds européens sont mal utilisés pour l'intégration des Roms

Bruxelles, 04/04/2014 (Agence Europe) - L'absence de volonté politique reste probablement le problème premier pour une intégration effective des Roms dans la vie sociale et économique des États membres, a affirmé le commissaire européen Laszlo Andor, chargé notamment de l'inclusion, à l'ouverture du sommet consacré aux Roms, qui s'est tenu à Bruxelles, vendredi 4 avril. Cela se traduit notamment par une mauvaise et insuffisante utilisation du financement européen. Toutefois, selon le Parlement européen, la Commission européenne porte aussi une part de responsabilité dans cette situation.

Le discours d'ouverture de ce sommet prononcé par le président de la Commission, José Manuel Barroso, a été essentiellement axé sur un rappel des actions dont il est particulièrement « fier » et qui ont été entreprises sous « le leadership de la Commission ». Ce qui a tout d'abord fait monter « la question de l'intégration des Roms (…) si haut dans l'agenda politique », c'est, selon lui, l'adoption, en 2011, du cadre de l'UE pour les stratégies nationales d'intégration des Roms. Les retombées de cette action sont aujourd'hui visibles, comme le prouve le dernier rapport d'évaluation, qui vient d'être adopté, et qui montre que les actions pour leur intégration sont « maintenant en mouvement dans tous les États membres ». La deuxième réalisation qui contribue à cette fierté du président est que « la Commission européenne a également construit un solide pilier juridique sur l'intégration des Roms, en plus de l'acquis existant, sur ??l'égalité et la non-discrimination ». La troisième et dernière réalisation est le fait qu'il y a « maintenant un pilier financier renforcé pour la période 2014-2020 ». « Tout cela, entre autres, sont des réalisations importantes, atteintes dans un délai de quatre ans. Nous pouvons tous être fiers des progrès que nous avons fait ensemble », a-t-il dit.

M. Barroso n'a pas manqué d'évoquer également les difficultés qui persistent, telles une proportion au-dessus de la moyenne de la pauvreté parmi les Roms et les discriminations auxquelles ils doivent faire face, (surtout celles qui touchent les enfants dans le milieu de l'éducation). Si des progrès sont bien là, il reste « encore beaucoup de travail à faire pour parvenir à l'intégration des Roms sur le terrain », a-t-il souligné. Et si une leçon peut aujourd'hui être tirée du passé par l'UE, c'est que « nous devons nous assurer que les fonds européens (soient) utilisés et (soient) mieux utilisés ». Il a conclu son discours en disant que son « principal message aujourd'hui est le suivant: nous devons continuer plus loin sur le chemin que nous avons initié et cela signifie être déterminé à faire avancer l'intégration des Roms au niveau local ».

Les problèmes liés au financement européen ont été davantage évoqués par M. Andor. Pour lui, il y a quatre domaines qui s'y rattachent: (1) « un faible taux d'absorption des fonds européens, le manque de cofinancement national et des difficultés à combiner des fonds pour soutenir des projets intégrés » ; (2) « un manque de savoir-faire et de capacité administrative des autorités responsables, des municipalités locales et des ONG, ainsi qu'une utilisation insuffisante des fonds de l'UE pour l'assistance technique pour développer les capacités administratives » ; (3) « Une disponibilité insuffisante de petites subventions pour les petites organisations proches des communautés Roms et une charge administrative excessive » ; (4) il y a « un risque de viabilité à long terme, avec des budgets nationaux qui souvent ne prennent pas en charge le financement de projets réussis lancés par des fonds de l'UE ».

Ces nombreuses difficultés semblent en partie répondre aux accusations faites à la Commission par le Parlement. En effet, dans une résolution adoptée jeudi 3 avril concernant la décharge sur l'exécution du budget général de l'UE pour l'exercice 2012, le Parlement n'a pas mâché ses mots en parlant d'une « incapacité fondamentale de la Commission à faire des déclarations relatives à des mesures financées par le budget de l'Union en faveur de l'intégration des Roms dans leurs pays ». Ainsi, le Parlement a déploré « que la Commission n'ait pas cherché, en dépit de la stratégie pour les Roms de 2010, à démontrer que des mesures avaient été prises en faveur des Roms » et critique un « recueil insuffisant de données par la Commission dans le Fonds social européen, qui ne permet pas de montrer aux citoyens et aux contribuables de l'Union ce qui a été réalisé à l'aide des ressources du FSE et des fonds structurels pour l'intégration des Roms ».

Ce sommet consacré à l'intégration des Roms a aussi été l'occasion pour la Commission d'esquisser les actions à venir et d'évoquer quelques pistes de réflexion. M. Andor a ainsi assuré qu'il « va bientôt lancer des mesures spécifiques pour promouvoir l'accès des jeunes Roms à des programmes d'emploi des jeunes par la formation, le mentorat et le coaching ». Également présente au sommet, la commissaire Viviane Reding, responsable de la justice, a dit « imaginer des règles plus ciblées et une facilité de financement spécifiquement dédiée aux Roms (…), un fonds communautaire centralisé ». (JK)

 

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