Athènes, 04/04/2014 (Agence Europe) - À leur arrivée à la réunion informelle Conseil Affaires étrangères vendredi 4 avril, les ministres européens attendaient toujours de vraies preuves d'une désescalade concernant la crise ukrainienne. Ils continuaient aussi de réfléchir à de nouvelles sanctions, pensant davantage à renforcer les sanctions actuelles (phase 2) qu'à en adopter de nouvelles, de nature économique (phase 3).
Pour le ministre britannique, William Hague, l'UE ne doit pas se relâcher. « La situation reste très dangereuse, très tendue. (...) Nous n'avons pas constaté de réelle désescalade de la part de la Russie. Donc, l'Europe ne doit pas se relâcher », a-t-il expliqué à son arrivée. Il a ajouté que le retrait de troupes russes à la frontière ukrainienne n'avait été que « symbolique ». Pour la Haute représentante, Catherine Ashton, « le fait que des troupes se retirent n'a pas été vérifié par l'OTAN, et il est vraiment important que la Russie montre qu'elle est sérieuse au sujet de la désescalade en retirant des troupes et j'espère que nous allons voir ce retrait se produire ». « Nous attendons de la Russie de nouvelles mesures qui nous font croire que la Russie veut aussi une désescalade », a pour sa part expliqué l'Allemand Frank-Walter Steinmeier. « Nous ne sommes pas encore sortis du bois. Nous avons en ce moment quelque chose qui ressemble à un sursis, au cours duquel les tensions ne se développent pas de façon plus aiguë. Mais cette pause doit être utilisée pour stabiliser la situation politique », a-t-il ajouté. « Nous ne devons pas être intimidés par ce qui est dit à Moscou. Il est très important de maintenir notre stratégie », a précisé son homologue néerlandais, Frans Timmermans.
Discussion sur les sanctions
Plusieurs ministres sont revenus sur les sanctions envers la Russie et à leur possible renforcement. « Nous devons rester forts et unis à propos des sanctions que nous avons mises en place (…) et préparer des mesures d'une grande portée si elles sont nécessaires », a estimé M. Hague. Interrogé sur un possible passage à la phase 3 des sanctions, il a précisé que « ce n'(était) pas le moment ». « Mais nous devons être prêts si la crise s'aggrave », a-t-il ajouté. « Nous avons encore des possibilités dans la 2ème phase où nous sommes maintenant avant d'envisager de passer à la phase 3 », a expliqué M. Timmermans. Il a précisé que les discussions, vendredi 4 avril à Athènes, pourraient porter sur la possibilité d'enclencher de nouvelles « actions si la Russie ne vient pas à la table des négociations ».
Mais pour l'Autrichien Sebastien Kurz, l'heure n'est pas à l'intensification des sanctions. « Je considère comme un faux pas absolu d'augmenter les sanctions maintenant. La situation continue d'être tendue, mais il y a des petites mesures positives », a-t-il expliqué, évoquant la mission de l'OSCE et des contacts accrus entre la Russie et l'Ukraine. « Ce sont de petites étapes qui sont mieux que rien », a-t-il ajouté.
Relations avec la Russie à revoir et aide à l'Ukraine
Selon le ministre grec, Evangelos Venizelos, « le problème maintenant est d'organiser et de promouvoir un nouveau cadre pour notre relation avec la Russie ». « Nous devons réfléchir avec attention à nos futures relations avec la Russie et nos partenaires à l'Est », a estimé Mme Ashton.
La situation de l'Ukraine devait aussi être au coeur des discussions. Pour M. Timmermans, « nous devons discuter des possibilités d'assister l'Ukraine dans cette phase très difficile ». « L'effusion de sang dans les rues a pris fin, mais bien sûr des mois difficiles, voire des années, sont à venir en Ukraine ... La question est de savoir comment nous pouvons réussir à stabiliser l'Ukraine », a ajouté M. Steinmeier.
À Athènes, les ministres ont évoqué l'aide à l'Ukraine, à travers l'accord d'association, lors des élections présidentielles du 25 mai et le prêt du FMI auquel se grefferait une aide de l'UE. La veille, Mme Ashton avait d'ailleurs précisé que l'UE devrait être en mesure de « commencer la mise en oeuvre de notre soutien globale de 1,6 milliard d'euros dès ce mois-ci, avec des décaissements significatifs si possible avant les élections présidentielles » (EUROPE 11048 et 110142). (CG)