Bruxelles, 02/04/2014 (Agence Europe) - Nommée l'automne dernier à la tête de la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM), Annika Annerby Jansson a les yeux rivés sur les prochains développements européens qui peuvent être favorables aux régions européennes. Celle qui est aussi présidente du Conseil régional de la région suédoise de Skåne formule ses recommandations sur la stratégie adriatico-ionienne ainsi que sur la mise en route de la politique de cohésion réformée pour 2014-2020. Au lieu de tirer un bilan des mandats européens prenant fin, elle se focalise sur les travaux à entreprendre après les élections européennes (propos recueillis par MD).
Agence Europe: Quelles sont les attentes de la CRPM à propos d'une macro-stratégie adriatico-ionienne (EUSAIR), quels conseils la CRPM formule-t-elle pour que cette stratégie réussisse ?
Annika Annerby Jansson: Une macro-région est pour moi un vrai 'bassin de vie'. Un espace de coopération qui réunit les niveaux régional, national et européen mais aussi les acteurs socio-économiques du terrain pour mettre en place une gouvernance multi-niveaux autour d'objectifs clairs et définis. La CRPM est d'ailleurs bâtie sur des commissions géographiques correspondant aux bassins maritimes européens qui préfigurent l'adoption des stratégies macro-régionales. En apportant mon expérience balte, je peux dire que la stratégie EUSAIR se réalisera concrètement avec la participation effective des autorités régionales et locales dans son élaboration et sa mise en oeuvre, car la manière relativement intergouvernementale de mise en oeuvre de la stratégie Baltique a montré ses limites et ses inconvénients.
Moins de la moitié des États membres ont soumis leur proposition d'accord de partenariat, va-t-on dans le bon sens ? Le calendrier n'est-il pas un peu serré pour lancer les programmes financés par les fonds structurels européens pour 2014-2020?
Ce qui m'importe c'est que les programmes commencent à allouer des fonds dès que possible pour répondre à des problèmes immédiats, comme la lutte contre le chômage des jeunes, et il existe en effet le risque que les régions paient éventuellement le prix de longues négociations entre le Parlement européen et le Conseil sur le budget de l'UE et la politique de cohésion pour 2014-2020. Toutefois, la Commission a clairement affirmé qu'elle ne sacrifiera pas l'efficacité au nom de la vitesse, ce qui signifie que la priorité sera accordée à des programmes d'investissement de qualité. La CRPM veillera à ce que les modalités des partenariats avec les régions aient du sens lors de la mise en oeuvre.
Quelles opportunités les régions européennes peuvent-elles tirer des élections européennes ? Qu'attendent-elles sous le prochain mandat des institutions européennes ?
La CRPM vise un renforcement de la politique maritime intégrée (PMI) au service de la croissance bleue dans les territoires. Nous avons mis en place 'l'intergroupe mers et zones côtières' du Parlement européen autour duquel une démarche pour la prochaine législature est lancée avec Gesine Meissner (ADLE, allemande) et d'autres parlementaires. Pour la CRPM, la PMI sous le prochain mandat doit être fortement liée aux stratégies de spécialisation intelligente des régions et aux stratégies de bassin maritime existantes ou à développer en mer du Nord, en Méditerranée, en mer Noire et en Arctique. Nous serons aussi très vigilants sur la mise en oeuvre de cette nouvelle programmation, mais aussi sur les moyens d'accroître l'accessibilité entre les territoires européens.