Bruxelles, 02/04/2014 (Agence Europe) - Européens et Américains vont travailler ensemble sur la diversification de l'approvisionnement en énergie de l'UE et de l'Ukraine.
À la lumière de la crise ukrainienne et des tensions avec la Russie découlant de son annexion de la Crimée, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, et le secrétaire d'État américain, John Kerry, ont convenu, mercredi 2 avril, de renforcer la coopération énergétique transatlantique, pour aider l'UE et l'Ukraine à diversifier leurs approvisionnements en énergie. Et, partant, pour les rendre moins vulnérables à l'égard de la Russie, dont elles dépendent en grande partie pour le gaz (et pour le pétrole). Tel est le message adressé par les partenaires transatlantiques, à l'occasion du cinquième conseil énergie UE/États-Unis, auquel ont aussi participé le commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger, le ministre grec de l'Énergie, Ioannis Maniatis, et le vice-ministre américain de l'Énergie, Daniel B. Poneman.
« Les récents développements en Ukraine prouvent la nécessité de renforcer la sécurité énergétique en Europe. [Nous avons] reconnu que nos préoccupations en matière de sécurité énergétique et ceux de nos amis et partenaires posent des défis communs, et nous envisageons de nouvelles collaborations pour relever ces défis », souligne la déclaration conjointe finale. « Les relations énergétiques avec la Russie doivent être fondées sur la réciprocité, la transparence, l'équité, la non-discrimination, l'ouverture à la concurrence et une coopération continue en vue de conditions de concurrence équitables », ajoute-t-elle.
Alors que la Russie fait pression sur l'Ukraine avec les prix du gaz, l'UE et les États-Unis veulent empêcher l'utilisation de l'énergie comme « arme politique » et « instrument d'agression », a insisté M. Kerry, à l'issue de la réunion. « Aucun pays ne devrait utiliser l'énergie pour s'opposer aux aspirations des peuples. On ne peut permettre qu'elle soit utilisée comme arme politique ou instrument d'agression », a déclaré le chef de la diplomatie américaine. Le gazier public russe Gazprom a augmenté de plus d'un tiers, mardi 1er avril, le prix des fournitures de gaz à l'Ukraine, qui bénéficiait jusque là plus ou moins de tarifs préférentiels.
Mercredi, Européens et Américains ont donc réaffirmé leur « soutien ferme » aux efforts entrepris par l'Ukraine pour diversifier son approvisionnement en gaz, via le renforcement des capacités inversées de flux dans le réseau de gazoducs qui la relie à l'Europe. La Commission pousse la Slovaquie, qui est l'une des principales portes d'entrée des fournitures de gaz russe pour l'Europe transitant par l'Ukraine, à signer un accord avec celle-ci qui permettrait des livraisons de gaz inversées vers l'Ukraine, en cas de pénurie due à une rupture des fournitures de gaz russe. Le soutien transatlantique porte aussi sur les efforts de l'Ukraine pour augmenter ses capacités de stockage de gaz, réformer son marché gazier et restructurer sa compagnie gazière Naftogaz. « Toutes les mesures à court terme visant à améliorer la sécurité énergétique de l'Ukraine doivent être poursuivies dans le cadre d'une vision stratégique de son intégration complète dans le marché européen de l'énergie », précise la déclaration conjointe, soulignant l'engagement de l'UE et des États-Unis à travailler avec l'Ukraine sur les réformes législatives et réglementaires nécessaires.
Soutien transatlantique à l'Ukraine, mais pas seulement: les États-Unis vont aussi prêter main forte aux efforts de diversification entrepris par l'UE pour réduire sa dépendance énergétique à l'égard de la Russie. Le conseil transatlantique a, à cet égard, salué la décision prise par l'UE, lors du Conseil européen des 20-21 mars, de répondre à la question de sa dépendance énergétique extérieure, en particulier via une diversification accrue de ses sources et routes d'approvisionnement. Dans ce contexte, Européens et Américains ont salué la perspective de possibles exportations vers le marché européen de GNL américain, boosté par la révolution du gaz de schiste. Enfin, les partenaires transatlantiques ont réaffirmé mercredi l'importance du corridor gazier sud pour acheminer le gaz d'Asie centrale vers l'Europe et appelé à la construction d'un pipeline évolutif qui maintienne les options ouvertes pour des fournitures autres que celles de l'Azerbaïdjan.
Européens et Américains auront l'occasion de peaufiner leurs travaux sur la sécurité énergétique lors d'une « prochaine » réunion des ministres de l'Énergie du G7 consacrée à cette question. (EH)