Bruxelles, 02/04/2014 (Agence Europe) - Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Nabil Fahmy, a appelé, mardi 1er avril, l'UE à aider son pays et à travailler avec lui, sans interférer dans les décisions.
« L'UE doit nous aider à devenir de meilleurs Égyptiens, sans vouloir être des Égyptiens à notre place (…). Je suis disposé à entendre les Européens qui sont si proches de nous dire 'voici les normes internationales, les principes à respecter'. Nos politiques nationales doivent être cohérentes par rapport à ces normes mais elles sont nationales, il faut nous demander une certaine cohérence mais sans faire de l'immixtion », a-t-il expliqué devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. « Il faut nous aider à contribuer à notre construction, à la mise en oeuvre de la structure de gouvernance », a-t-il ajouté.
Le ministre est revenu sur le processus de transition en cours. Il a précisé que les élections présidentielles se tiendront « la troisième semaine de mai » et les législatives « au plus tard » à la fin de l'été. « Le président qui prendra ses fonctions en juin devra relancer l'économie, garantir la sécurité et rassembler les Égyptiens », a dit M. Fahmy. « Pour répondre aux besoins économiques, nous devons avoir une croissance de 8 à 10% par an pendant 10 ans », a-t-il expliqué, alors que le taux de croissance est de 3% actuellement. Le ministre a précisé que pour avoir un développement économique, il faut tout d'abord rétablir la sécurité. Le pays est régulièrement la cible de violences ou de terrorisme et « il faut faire face à cela sans mettre à mal la démocratie, c'est un travail d'équilibriste », a-t-il avoué.
« Tout Égyptien qui respecte la Constitution et qui est non violent a le droit de participer à notre avenir politique », a-t-il également dit. Selon lui, l'« idéologie des Frères musulmans est non inclusive ». Mais « s'ils se convertissent a un comportement de paix, il n'y aura pas de problème », a-t-il ajouté. M. Fahmy a estimé que contrairement aux informations données selon lesquelles plus de 500 Frères musulmans ont été condamnés à mort (EUROPE 11032), « il n'y a pas eu de jugement, pas de peines de mort contre ces 529 personnes. Le tribunal a renvoyé les dossiers au mufti pour savoir s'il faut leur appliquer la peine de mort ou pas. Le transfert au mufti est une décision grave, je ne le nie pas, mais il n'y a pas eu de sentences ». La procédure est loin d'être terminée, a expliqué le chef de la diplomatie. Il a lancé aux eurodéputés, toujours à propos des Frères musulmans: « Dans vos pays, vous n'avez pas de règle selon laquelle les terroristes sont à l'abri du droit, cela n'existe nulle part. Tout le monde a le droit à un procès équitable mais personne n'est à l'abri du droit ».
Et alors que l'UE a critiqué le fait que la Constitution permettrait les procès militaires pour les civils, le ministre les a appelés à « lire le texte ». « Les civils ne vont pas en cour martiale, sauf pour l'attaque d'une base militaire ou d'un militaire en exercice », a-t-il conclu. (CG)