Bruxelles, 20/03/2014 (Agence Europe) - Le président du Parlement européen et candidat à la succession de José Manuel Barroso, l'Allemand Martin Schulz, a été confronté une nouvelle fois à des critiques sur sa double casquette et fait l'objet d'une lettre, le 13 mars dernier, des délégations politiques allemandes au Parlement (CDU, CSU, die Linke, FDP et Greens) lui demandant de démissionner de son poste de président et de revenir à son compte Twitter traditionnel, a révélé le site d'information Contexte jeudi 20 mars. Un second compte Twitter avait été lancé pour abriter les activités du « candidat » Schulz à la Commission européenne, mais il s'était en fait substitué au compte déjà existant du président du Parlement, engrangeant ainsi dans l'opération tous les followers déjà fidèles.
L'Allemand avait déjà fait l'objet de demandes de démission de la part des verts, mais s'y est toujours refusé. Du côté du PPE, le président du parti, le Français Joseph Daul, n'avait pas non plus estimé nécessaire en février, lors d'un point presse à Strasbourg, que le président Schulz quitte sa tribune, ne voyant aucun problème juridique particulier. Mais dans une interview accordée le week-end dernier au Spiegel, le candidat du PPE à la succession de M. Barroso, Jean-Claude Juncker, n'a pas hésité à tacler son concurrent en indiquant que « n'importe quel président de parlement national démissionnerait » s'il était amené à conduire les intérêts d'un parti. Pour M. Schulz pourtant, Jean-Claude Juncker n'a pas non plus renoncé une seule fois en 19 ans à sa place de Premier ministre lors des législatives.
Interrogé sur le sujet, jeudi 20 mars à Bruxelles, en marge du Sommet européen, le Belge Guy Verhofstadt, candidat à la succession de M. Barroso pour l'ADLE, a estimé que les élections « ce n'est pas à propos de cela, mais plutôt à propos du débat ».
Olli Rehn, commissaire aux Affaires économiques et monétaires, autre challenger de l'ADLE pour les 'top jobs' de l'UE, a, lui, toutefois noté un paradoxe entre l'obligation qui est faite aux commissaires de prendre un congé non rémunéré pendant leur campagne et l'absence de telles exigences pour le président du Parlement européen. Le commissaire a reprécisé qu'il partirait de la Commission en avril après la dernière plénière du PE et reviendrait aux affaires juste après les élections. Élu au PE, il serait sans doute amené à démissionner juste avant la session constitutive du nouveau PE, prévue début juillet. (SP/EL)