Bruxelles, 20/03/2014 (Agence Europe) - L'UE veut prémunir ses entreprises qui convoitent un marché birman riche en ressources et au potentiel touristique élevé contre un climat politique encore incertain.
Comme prévu, le commissaire Karel De Gucht a donné le coup d'envoi avec les autorités birmanes, le 20 mars à Nay Pyi Taw, aux négociations pour un accord bilatéral sur la protection des investissements. Longtemps fermé à cause du régime de sanctions contre la junte militaire, qui a confié en 2011 le pouvoir au gouvernement civil dirigé par l'ex-général Thein Sein, le marché birman suscite les convoitises d'entreprises européennes qui veulent accéder à des secteurs protégés tout en se prémunissant contre un climat politique incertain. Et pour cause: dotée d'un fort potentiel agricole et touristique et riche en ressources naturelles (hydrocarbures, bois, cuivre et pierres précieuses), l'économie birmane est toutefois handicapée par des lourdeurs administratives, le manque d'infrastructures et un système institutionnel où les élites politiques et économiques sont étroitement liées à l'armée.
Le futur accord vise à protéger les investisseurs de chacune des parties et leur réserver un traitement équitable. Il vise à offrir des protections contre la discrimination et l'expropriation sans compensation, et à garantir le transfert des capitaux. « Cet accord pourrait devenir un accélérateur important pour le processus de réformes en Birmanie. L'expérience montre que l'amélioration de la sécurité juridique et la prévisibilité des investissements est essentiel pour fournir des opportunités d'affaires et le développement dont cette économie en croissance a besoin », a commenté M. De Gucht. Selon des chiffres officiels birmans, le total cumulé des investissements de l'UE au Myanmar s'élevait en 2013 à 3,1 milliards de dollars, soit 9% des investissements étrangers dans le pays. (EH)