Bruxelles, 20/03/2014 (Agence Europe) - La 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) a rendu, mercredi 19 mars dans la soirée, les conclusions qu'elle a tirées de sa quatrième mission de suivi à Athènes. Le passage au crible des différents secteurs de l'économie grecque lui a permis d'afficher de l'optimisme face aux développements macroéconomiques et aux objectifs budgétaires pour cette année, mais l'incite également à préconiser la vigilance face à la situation du secteur bancaire.
« Nous prenons note des résultats des tests de résistance et des estimations des besoins en capitaux (des banques) par la Banque centrale grecque », indique le trio institutionnel dans un communiqué conjoint.
« Cependant, selon l'évaluation de nos équipes, il y a des risques à la hausse liés aux estimations des besoins en capitaux », en particulier l'urgence d'aborder la question des prêts toxiques ('non perfoming loans') qui pullulent, selon la 'troïka'. La Banque centrale nationale aura un rôle proéminent à jouer dans la supervision du processus. Les autorités se sont, quant à elles, engagées à revoir le cadre de résolution de la dette du secteur privé et à faciliter la restructuration « rapide et ordonnée des actifs bancaires détériorés ». À noter également que les coussins du Fonds hellénique de stabilité financière seront mis de côté « pour répondre aux futures éventualités défavorables ».
Sur le plan budgétaire, le pays est dans les clous pour atteindre ses objectifs. Bien que les chiffres ne seront officiellement connus que fin avril, lorsqu'Eurostat se prononcera, le trio indique d'ores et déjà que l'équilibre primaire pour 2013 a été « atteint avec une marge substantielle ». Les trois institutions de la 'troïka' prévoient également que le pays reste sur les rails en 2014, compte tenu des mesures mises en oeuvre ou planifiées, même si seule une petite partie de la surperformance sera reportée cette année. Pour 2015, les autorités grecques ont renouvelé leur engagement à mettre en oeuvre les politiques qui leur permettront de dégager un excédent budgétaire primaire de 3% du PIB en 2015, même si cela demande la prolongation de certaines mesures qui viennent à expiration, comme la surtaxe de solidarité.
Les autorités se sont également engagées à mettre en oeuvre « une large majorité des réformes du marché des produits » identifiés par l'OCDE, à libéraliser le marché du transport et de la location et à ouvrir les professions fermées. Les réformes du marché du travail ont pris du retard, mais seront mises en œuvre de manière graduelle sur le reste de cette année. Le trio note également des progrès, malgré les retards, dans la réforme de l'administration publique. Les autorités entendent également relancer le processus de privatisation de certaines entreprises, ce qui procurera le financement nécessaire à l'État.
Il appartiendra à l'Eurogroupe, en avril, de décider des chiffres et des actions préalables qui seront liées au décaissement des prochaines tranches. Le pays devrait en principe recevoir un montant qui avoisinerait les huit milliards d'euros, compte tenu de ses échéances de remboursement en mai. De l'enveloppe du FESF, il reste 10,2 milliards. Il est également attendu des ministres qu'ils fournissent un peu de clarté sur le financement du programme grec, le FMI ayant besoin de visibilité sur un an. À noter également que la presse grecque fait état d'une émission d'obligations à cinq ans que la Grèce prévoirait au premier semestre de cette année.
Pour le Premier ministre grec, Antonis Samaras, le résultat final de la mission montre l'amélioration de la situation en Grèce au cours de ces 20 derniers mois. « Elle a atteint ses objectifs budgétaires fondamentaux. Elle a mis en oeuvre des réformes très importantes qui ont amélioré la compétitivité de notre économie », a-t-il dit jeudi 20 mars, en marge du sommet social tripartite. Et d'ajouter: « Nous avons des excédents du solde primaire et nous avons réalisé les ajustements budgétaires les plus importants qui soient dans un laps de temps très bref. Nous avons un programme ambitieux de réformes structurelles, qui nous a aidés à éliminer, après 48 ans, notre déficit des comptes extérieurs. Nous essayons de stabiliser les problèmes de cohésion sociale du pays et de répondre aux griefs les plus urgents ». Sur le solde primaire, M. Samaras a confirmé que le gouvernement grec allait « essayer d'aider les personnes les plus touchées par la crise ». 525 millions d'euros dégagés de l'excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 2013 serviront cette cause. (EL avec LC)