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Bulletin Quotidien Europe N° 11043
CONSEIL EUROPÉEN / (ae) ukraine

Les dirigeants plaident pour un renforcement des sanctions ciblées

Bruxelles, 20/03/2014 (Agence Europe) - Les chefs d'État et de gouvernement ont plaidé, jeudi 20 mars, à leur arrivée au Conseil européen, pour un renforcement des sanctions ciblées, avec l'interdiction de visa et le gel des avoirs de nouvelles personnes. Selon des sources européennes, une dizaine de personnes seraient concernées. S'ils ont condamné le rattachement de la Crimée à la Russie, les dirigeants européens devraient ainsi ne pas passer à la phase 3 sur des sanctions économiques.

« On est dans la phase 2, on n'a pas encore épuisé toutes les possibilités qu'il y a dans cette phase et j'aimerais aujourd'hui qu'on ne parle pas déjà de la phase 3, mais qu'on épuise toutes les possibilités de la phase 2 », a expliqué le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel. « Des sanctions doivent être décidées, notamment concernant certaines personnes », a expliqué le président français, François Hollande, ajoutant que « les sanctions économiques, si elles ne sont pas décidées aujourd'hui, elles doivent être envisagées, elles doivent être en tout cas préparées. Lors de la réunion d'aujourd'hui, ce doit être des sanctions individuelles qui doivent être prononcées », a-t-il ajouté. « Il faut envisager d'autres sanctions, s'il y a une escalade. Il faut un principe de fermeté, mais aussi de dialogue », a-t-il encore expliqué. Une source proche du gouvernement français a précisé que « nous ne sommes pas aujourd'hui dans une escalade telle que définie qui nous amènerait à des sanctions autres qu'individuelles, c'est une dimension qui peut être anticipée mais qui n'est pas à l'ordre du jour ».

Pour la chancelière Angela Merkel, « sur les sanctions, on est à la phase deux, l'interdiction des visas et des comptes. Il faut être très clair: une nouvelle escalade entrainera de nouvelles sanctions ». La chancelière a insisté sur l'importance que la mission de l'OSCE soit mise en place rapidement et sur l'aide à apporter au gouvernement ukrainien. Selon la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite, il faut des sanctions économiques ciblées contre les responsables de la situation. « Des sanctions ciblées, oui, des sanctions horizontales pas encore ». Pour elle, les sanctions horizontales auraient un effet « sur le peuple russe et sur notre peuple et ne seront pas assez efficaces ». Elle a ajouté qu'il est nécessaire de parler de l'embargo sur les armes. Selon elle, si les menaces militaires continuent, il devra être mis en place « immédiatement ».

Le Belge Elio Di Rupo s'est clairement montré contraire à la prise de sanctions économiques. « Il faut être précautionneux, faire une analyse précise, ne pas se précipiter dans les sanctions économiques. (…) Je veux une analyse politique, économique et militaire, parce que je pense que quand une situation est aussi grave, on doit penser au lendemain. Je plaide pour qu'on garde nos nerfs, pour ne pas aller dans l'émotion et qu'on veille aux intérêts des Européens ». Selon lui, les Européens doivent aider au dialogue direct entre les Russes et les Ukrainiens et « les plus importants leaders européens doivent se déplacer à Moscou et Kiev ».

Même son de cloche chez le chancelier autrichien, Werner Faymann, pour qui passer à l'étape des sanctions économiques n'est « pas nécessaire », ajoutant qu'il faut privilégier la discussion et les négociations.

Les Premiers ministres britannique, David Cameron, et suédois, Fredrik Reinfeldt, ont misé sur un message uni de l'UE. « Les pays de l'UE doivent répondre d'une voix claire et unie », a expliqué M. Cameron, soulignant que cela signifie davantage de personnes sanctionnées et davantage d'actions spécifiquement en ce qui concerne ce qu'il se passe en Crimée. Il a aussi souligné que l'UE doit aider à construire une Ukraine « forte et démocratique ». « Nous avons besoin de préparer les prochaines étapes ensemble, une Europe forte est la dernière chose que souhaite Poutine, qui veut une Europe divisée », a souligné, pour sa part, M. Reinfeldt.

Annulation du sommet UE-Russie

Le sommet UE-Russie prévu en juin à Sotchi va aussi être annulé, selon le président français, François Hollande. « Il y a une suspension des relations politiques, il devait y avoir un sommet qui ne peut pas avoir lieu dans ces conditions », a-t-il expliqué.

Les présidents des institutions appellent à des décisions

Lors de sa conférence de presse, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a appelé à des sanctions ciblées qui doivent être accompagnées d'une véritable stratégie vis-à-vis de la Russie. « Il faut envoyer les bons signaux », a-t-il ajouté. « Nous devons enfin développer une stratégie cohérente vis-à-vis de ce pays », a-t-il souligné devant les chefs d'État et de gouvernement. « Il importe que nous envoyions, en tant qu'Union européenne, le message suivant: les événements de Crimée ne sont pas tolérables et ne doivent jamais et nulle part se reproduire », a-t-il ajouté. Mais M. Schulz a souhaité que les canaux de communication avec la Russie restent ouverts. « Nous ne pouvons fermer les yeux devant cette provocation lancée à l'Europe depuis les frontières extérieures de l'Union; nous ne pouvons rester sans rien faire en voyant que ceux qui cherchent à renforcer le lien avec l'Europe se voient empêchés de le faire par d'autres. Ceci représente des défis immenses et radicalement nouveaux pour l'Union européenne », a-t-il ajouté.

Le président du PE a aussi souligné que la population ukrainienne « a plus que jamais besoin de notre soutien, au niveau politique et surtout financier ».

Plus tôt dans la journée, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avait précisé que la « meilleure réponse » que l'UE peut donner à la situation en Ukraine est de « faire tous les efforts possibles pour maintenir une Ukraine crédible, stable, viable, démocratique et prospère ». « Dans le même temps, les États membres devraient voir dans quelle mesure ils sont prêts à aller de l'avant, en précisant que le type de comportement que nous avons vu récemment en Europe ne peut pas être accepté et que certaines conséquences sont à tirer de ce genre de comportement », a-t-il ajouté.

Sanctions américaines contre sanctions russes

Aux États-Unis, le président Barack Obama a menacé la Russie de s'en prendre à des secteurs clés de son économie et a annoncé l'imposition de sanctions contre 20 nouveaux responsables politiques et de la banque Bank Rossiya. En retour, la Russie a décidé de publier sa propre liste de sanctions contre neuf responsables américains, dont trois conseillers de M. Obama, les chefs de la majorité démocrate et des républicains ou encore l'ancien candidat aux présidentielles et sénateur, John McCain. (CG avec EL)

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