Bruxelles, 05/03/2014 (Agence Europe) - Le directeur du Service européen pour l'action extérieure (SEAE) pour le Moyen-Orient et le voisinage du Sud, Hugues Mingarelli, a appelé le 3 mars les États membres de l'UE à une meilleure coopération à propos de la Libye.
« Il y a un problème de coordination avec les États membres, on doit se battre pour avoir un bon niveau de coordination », a-t-il expliqué devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Il a rappelé qu'en raison de la manne gazière et pétrolière de la Libye et des possibilités de contrats, il y a une « compétition entre plusieurs de nos États membres ». « Il est nécessaire, tout en respectant la concurrence, de faire en sorte que les États membres et les institutions européennes se coordonnent plus étroitement pour avoir un impact sur la réforme politique et le domaine sécuritaire », a-t-il ajouté. Et si des progrès ont été faits « ces derniers mois, nous n'avons pas encore une solution totalement satisfaisante », a ajouté M. Mingarelli.
Le directeur a précisé que la réunion à Rome le 6 mars sur la Libye avait entre autres comme objectif une meilleure coordination internationale. « Il faut absolument renforcer la coordination des acteurs internationaux (…) pour permettre de lancer une transition politique avec l'appui nécessaire de la communauté internationale », a-t-il expliqué. Il a espéré que la réunion puisse permettre « d'obtenir une meilleure division au sein de la communauté internationale concernant ce qu'il faut faire de manière prioritaire pour rétablir la sécurité et la stabilité dans ce pays ».
La Libye doit être une priorité pour l'UE
« La Libye doit être une priorité pour l'UE car si elle tombe dans un trou noir, il y aura un impact immédiat sur l'UE », a souligné M. Mingarelli, citant l'immigration ou la criminalité organisée. « On n'a pas le choix, il faut garder ce dossier à un niveau prioritaire », a-t-il ajouté.
Selon M. Mingarelli, l'UE a appelé à la relance « le plus vite possible » de l'accord-cadre UE/Libye, dont les négociations ont été interrompues début 2011. « C'est important pour normaliser les relations avec le pays que la Libye soit considérée comme un pays normal », a précisé le directeur. Il faut entretenir un dialogue constant avec le Premier ministre, les principaux ministres et le Congrès national pour pouvoir peser sur leurs choix et travailler sur les droits de l'homme, a conclu M. Mingarelli. (CG)