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Bulletin Quotidien Europe N° 11032
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

Réduire les prix et coûts de l'énergie, un défi commun urgent

Bruxelles, 05/03/2014 (Agence Europe) - Au-delà de la nécessité d'actions spécifiques pour chacun, les Vingt-huit s'accordent sur un impératif commun: intégrer leurs marchés et réduire leur consommation.

L'examen par les ministres européens de l'Énergie, le 4 mars, de l'analyse de la Commission sur les prix et coûts de l'énergie en Europe, dévoilée en complément du projet de cadre « énergie/climat » à l'horizon 2020 (EUROPE 11002) et à la lumière de laquelle la question de la compétitivité industrielle sera examinée lors du Conseil européen des 20-21 mars, a montré un net soutien des États membres aux mesures proposées par l'exécutif européen pour réduire les coûts de l'énergie, même s'ils ont souligné que toutes les actions ne sont pas forcément adéquates pour chacun d'entre eux. La présidence grecque fera rapport sur les résultats de cette discussion au président du Conseil européen en vue du sommet de printemps.

Selon l'analyse de la Commission, le prix à la consommation d'électricité et de gaz est composé des trois éléments suivants: les prix de l'énergie (prix de gros et prix de détail), les coûts de réseau (coûts de transport et de distribution) et les taxes/impôts. Le prix de l'énergie se réfère au prix payé par les consommateurs pour chaque unité d'énergie qu'ils utilisent, tandis que les coûts de l'énergie se réfèrent au montant que les consommateurs doivent payer pour leur consommation d'énergie.

De manière générale, les discussions ont mis en évidence la nécessité d'achever le marché intérieur de l'énergie d'ici fin 2014 et de développer de nouvelles infrastructures énergétiques pour garantir un approvisionnement ininterrompu à des prix abordables, en particulier pour les consommateurs vulnérables, à l'égard desquels la Hongrie a rappelé la nécessité de maintenir l'obligation de service universel. Les ministres ont souligné l'importance d'une approche régionale forte et ils ont aussi insisté sur la nécessité que les ménages et l'industrie réduisent leur consommation d'énergie en améliorant l'efficacité énergétique.

Les ministres ont aussi convenu que les différences entre les prix de gros et de détail auraient besoin d'une analyse plus approfondie, même s'ils ont noté que ces différences sont dues, dans une certaine mesure, à des circonstances nationales. Mais les ministres ont aussi convenu que les prix internationaux de l'énergie devaient être pris en considération comme un facteur important dans ce contexte.

L'analyse de la Commission établit que les prix de l'énergie sont en hausse dans presque tous les États membres depuis 2008, essentiellement en raison des impôts et des prélèvements, mais aussi de la hausse des coûts de réseau. « Le Conseil pense qu'il est nécessaire de procéder à une analyse détaillée des différents coûts de l'énergie, car, bien souvent, les prix payés par le consommateur ne sont pas les vrais coûts de l'énergie. Souvent il y a des taxes qui sont imposées par les ministres des Finances », a noté le ministre grec et président du Conseil, Yannis Maniatis. Des taxes que le commissaire Günther Oettinger a dit espérer voir se réduire. « Nous devons reconnaître que taxes et impôts sont en hausse ces dernières années. Ils représentent parfois jusqu'à 50% du prix du gaz et de l'électricité. Il faut les baisser », a-t-il plaidé. Mardi, les ministres ont aussi manifesté un large soutien au besoin d'étalonner les pratiques et les coûts de réseau pour assurer la convergence européenne, en soulignant néanmoins la nécessité que l'identification des bonnes pratiques se fasse dans le respect des situations nationales.

De nombreuses délégations ont souligné l'importance de préserver la flexibilité en ce qui concerne l'utilisation des aides d'État à l'énergie et à l'environnement, de manière à ce qu'elles restent compatibles avec les objectifs de l'UE en matière d'énergie et de compétitivité.

Les ministres ont aussi souligné l'importance de restaurer une situation de concurrence équitable sur le marché mondial de l'énergie pour renforcer la compétitivité de l'industrie européenne et atténuer la hausse du différentiel de prix avec les concurrents de pays tiers. La comparaison à l'échelle internationale réalisée par la Commission met en exergue une hausse des écarts de prix entre l'UE et ses grands partenaires commerciaux nuisible pour sa compétitivité, en particulier pour ses industries énergivores: les prix du gaz dans l'UE sont 3 à 4 fois supérieurs à ceux des États-Unis, de l'Inde et de la Russie, et les prix de l'électricité atteignent plus du double des prix aux États-Unis et en Russie et sont de 20% supérieurs à ceux en Chine.

M. Oettinger a promis pour septembre une nouvelle communication sur les prix totaux de l'énergie, incluant responsabilité, obligation d'assurances, stockage et démantèlement d'infrastructures. (EH)

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