Bruxelles, 05/03/2014 (Agence Europe) - Le comité de gestion de l'UE discutera, mais il n'est pas du tout certain qu'il votera, le 27 mars, sur les mesures souhaitées par la Commission européenne pour mieux approvisionner le marché du sucre. Contrairement aux agriculteurs, opposés au projet de la Commission (EUROPE 11018), le CIUS (Committee of European Sugar Users), qui représente les entreprises qui utilisent le sucre dans le secteur agro-alimentaire, pousse en faveur des mesures proposées pour éviter un déficit de sucre sur le marché.
Les pays de l'UE « font une grosse erreur de ne pas introduire ces mesures de marché » pour la campagne 2013/2014, explique à EUROPE Mme Muriel Korter, la secrétaire générale du CIUS. La Commission a proposé d'ouvrir des adjudications pour permettre des importations supplémentaires de sucre et de libérer sur le marché du sucre dit 'hors quota'. Pour le CIUS, le stock en fin de campagne est « limité » (2,2 millions de tonnes, selon les prévisions de la Commission, alors qu'il ne devrait pas descendre en dessous de 2,4 millions de tonnes, selon le CIUS). Ce qui risque de conduire à de la spéculation et à des problèmes d'approvisionnement, estiment les utilisateurs de sucre. « Il y a un déficit structurel sur le marché jusqu'à l'élimination des quotas de production. Nous n'avons pas assez de sucre sur le marché européen. Nous dépendons entièrement des importations. Or, il n'est pas certain que les importations remplissent les 20% restants dont l'UE a besoin » en 2015, a expliqué Mme Korter. Elle préconise d'éviter ce déficit structurel sur le marché en introduisant les mesures possibles (ouverture des importations avec un droit réduit et reclassification du sucre hors quota sur le marché).
Pour le CIUS, il y a différents facteurs qui pourraient contribuer à réduire le niveau du stock de sucre: - le quota d'importation CXL (quota d'environ 600 000 tonnes chaque année, pour des pays comme le Brésil, frappé d'un droit réduit de 98 euros/tonnes) n'a atteint que 50% de sa capacité. Car le sucre brésilien (le Brésil détient 300 000 tonnes de ce quota) n'est toujours pas sur le marché ; - les importations préférentielles au titre de l'initiative 'tout sauf les armes' ont toujours été sous-estimées, selon le CIUS ; - la consommation de sucre au sein de l'UE pourrait encore augmenter (les besoins devraient être revus régulièrement, selon cette organisation). « Il manquerait environ 500 000 tonnes », résume Mme Korter (200 000 tonnes correspondant à la différence entre 2,2 et 2,4 millions de tonnes, plus 300 000 tonnes de déficit pour le sucre CXL). Elle reconnaît que le prix du sucre a un peu baissé en Europe, mais il reste bien au-dessus du prix sur le marché mondial.
Les pays de l'UE sont divisés sur les mesures préconisées par la Commission. C'est une des raisons qui expliquerait pourquoi le vote a été reporté en comité de gestion (il était prévu le 27 février). (LC)