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Bulletin Quotidien Europe N° 11032
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

L'UE promet une aide de 11 milliards d'euros

Bruxelles, 05/03/2014 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a annoncé, mercredi 5 mars, une aide de 11 milliards d'euros de subventions et de prêts de l'UE pour soutenir l'Ukraine, d'ici 2020. « Notre priorité la plus immédiate est de contribuer à une solution pacifique à la crise actuelle. (…) En parallèle, la communauté internationale doit se mobiliser pour aider l'Ukraine à stabiliser sa situation économique et financière», a expliqué M. Barroso. « Ce paquet doit être complété par d'autres efforts de nos États membres, d'autres institutions financières internationales comme le FMI et la Banque mondiale et de tous les partenaires qui veulent contribuer », a-t-il ajouté.

Sur les 11 milliards, 3 milliards proviennent directement du budget de l'UE: au moins 1,4 milliard d'euros de subventions pour une assistance au développement au cours des sept prochaines années, dont 600 millions dans les deux ans, et 1,6 milliard de prêts d'assistance macro-financière (AMF).

La Commission pioche dans plusieurs programmes pour son assistance au développement. Sur 400 millions d'euros précédemment annoncés pour l'Ukraine, 60% n'ont pas encore été déboursés et pourraient l'être rapidement, à condition de réformes, a précisé une source européenne. Entre 140 et 200 millions d'euros sont prévus pour 2014 au titre du programme d'action annuel, qui vise à améliorer la capacité financière du gouvernement et à soutenir la transition institutionnelle. De 2015 à 2020, une enveloppe de 780 millions est prévue dans le cadre de l'instrument européen de voisinage, soit 130 millions par an. En cas de progrès et de réformes, un supplément de 40 à 50 millions d'euros par an est possible via le programme-cadre « more for more » (entre 240 et 300 millions sur la période). L'UE pourrait débourser jusqu'à 35 millions d'euros au titre de l'instrument pour la stabilité et la paix et du budget de la PESC pour le soutien électoral et la réforme de la police et du secteur de la sécurité. 36,5 millions pourraient être utilisés « dans un très court terme » pour des actions dans la gestion des déchets nucléaires et des projets sociaux autour de Tchernobyl.

1,6 milliard est prévu pour l'assistance macro-financière (AMF). À court terme, la Commission est prête à mobiliser 610 millions d'euros en prêts au titre de l'AMF déjà conclue et toujours subordonnée à la signature d'un accord entre le gouvernement ukrainien et le FMI. La Commission est prête à proposer une autre assistance macro-financière (jusqu'à un milliard d'euros) et qui, elle, ne serait pas forcément liée au FMI.

L'exécutif européen est également disposé à mettre en place un 'EU Trust Fund' qui permettrait aux États membres de faire de nouvelles contributions financières substantielles, augmenterait la visibilité de l'UE et contribuerait à un décaissement « effectif, rapide et coordonné » des fonds.

De plus, la Banque européenne d'investissement (BEI) pourrait débloquer jusqu'à 3 milliards d'euros de prêts sur 2014-2016 et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) jusqu'à 5 milliards jusqu'en 2020. L'UE va mobiliser de 200 à 250 millions d'euros de la Facilité d'investissement pour le voisinage, ce qui pourrait avoir un effet de levier potentiel de 3,5 milliards d'euros. Elle va aussi organiser un forum à haut niveau, ou une 'task force', sur l'investissement et souhaite la mise en place d'un mécanisme de coordination des bailleurs de fonds.

M. Barroso a aussi annoncé l'application provisoire de la zone de libre-échange complet et approfondi quand l'accord d'association sera signé. Mais, en attendant, la Commission va présenter un projet au Conseil et au Parlement sur des « mesures commerciales autonomes », c'est-à-dire une application anticipée des dispositions de l'accord sur les importations de biens (industriels, agricoles). La Commission s'est aussi engagée à court terme à aider l'Ukraine à diversifier ses voies d'approvisionnement en gaz, notamment en s'assurant de flux inverses avec l'UE. Elle a aussi souhaité l'accélération du plan d'action de libéralisation des visas. (CG)

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