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Bulletin Quotidien Europe N° 11032
Sommaire Publication complète Par article 19 / 30
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Lait, divergences sur le besoin de mesures en cas de crise

Bruxelles, 05/03/2014 (Agence Europe) - Les experts des États membres de l'UE se sont montrés divisés, lundi 3 mars, sur le besoin de mesures pour remédier aux crises et à la forte volatilité des prix dans le secteur du lait et des produits laitiers.

Le comité spécial agriculture (CSA) a poursuivi les discussions qui ont eu lieu lors du dernier Conseil Agriculture sur les conséquences et mesures à prendre lorsque disparaîtront les quotas laitiers, à compter du 1er avril 2015 (EUROPE 11020).

La présidence grecque a posé deux questions aux délégations du CSA: 1) quels seraient les outils nécessaires pour réduire la volatilité des prix, surtout dans les régions désavantagées ; 2) quels outils complémentaires pourraient être utilisés pour tenir compte des risques pris par les investisseurs (investissements dans de nouvelles capacités de transformation) ?

Beaucoup de délégations (Italie, Espagne, Pologne, Slovénie, Finlande, Roumanie, Autriche, Bulgarie…) ont estimé que les mesures existantes ('paquet lait' et politique agricole réformée) seront insuffisantes après la fin des quotas, surtout dans les zones défavorisées ou montagneuses qui subiront de plein fouet les effets de la libéralisation (volatilité des prix, crises). En effet, ces pays soutiennent que le lait y est la seule production envisageable et souhaitent l'adoption de mesures ciblées. Certains pays, comme la Pologne, la Hongrie et la Belgique, ont demandé une révision des prix de référence. Pour un groupe de pays (Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni), l'ensemble des mesures désormais disponibles est largement suffisant.

S'agissant du rôle des investisseurs et de l'éventuelle pénalisation du risque en cas de crise, une majorité de pays (Irlande, Danemark, Croatie, Espagne, Suède, Royaume-Uni, Danemark…) souhaite qu'après 2015 les investisseurs ayant pris des risques pour moderniser leur outil de production ne soient pas pénalisés. Pour certains pays (Italie, Pays-Bas, Suède, Danemark…), après 2015, aucune mesure de restriction de l'offre ne peut constituer une solution. Si le marché du lait dans UE se révèle saturé, il faudra que le secteur se tourne vers l'international (remarque des délégations allemande, irlandaise et danoise). Seuls quelques pays (Belgique, Roumanie, Slovénie, Portugal, Bulgarie) se sont interrogés sur l'équilibre entre la liberté d'entreprise et les risques de surproduction ou de volatilité.

Sur 'l'atterrissage en douceur', certains pays (Irlande, Danemark, Pays-Bas, Luxembourg, République tchèque) voudraient la mise en oeuvre de mesures générales (comme la modification du coefficient de matières grasses, la diminution du super-prélèvement, l'augmentation des quotas…) et d'autres (Autriche, Belgique, Pologne, Allemagne…) insistent surtout sur la modification du coefficient de matières grasses.

À ce propos, le représentant de la Commission a précisé que si une décision de modification du coefficient de matières grasses était prise, elle devrait être prise rapidement avant le début de la campagne qui doit démarrer le 1er avril. Plusieurs pays (France, Royaume-Uni, Suède, Finlande, Slovénie…) estiment que toute nouvelle mesure concernant l'atterrissage en douceur reviendrait à remettre en cause l'accord de 2008 sur le paquet lait et risquerait d'ouvrir une boîte de Pandore et d'avoir des conséquences budgétaires.

De nombreux pays (Irlande, Pologne, Belgique, France, Portugal, Roumanie, Autriche, Slovaquie) ont soutenu l'initiative prise par la Commission de créer un observatoire du marché du lait, à condition toutefois que cela permette effectivement d'anticiper au mieux les crises dans le secteur et de prendre les décisions qui s'imposent. Quelques délégations (Pays-Bas, Lettonie…) redoutent que l'observatoire devienne une structure bureaucratique.

Document de travail. La Commission européenne a présenté un document de travail sur les mesures existantes dans le secteur du lait après la réforme de la PAC: http://1drv.ms/1gP2kAk

À l'énumération de cette liste, certains pays (comme la France, la Finlande ou l'Autriche) ont demandé comment ces mesures s'articuleraient entre elles en cas de crise.

La CSA devrait revenir sur le sujet du secteur du lait, de même que le Conseil Agriculture.

Lors du dernier Conseil, deux blocs se sont opposés au sein du Conseil. Certains (Pays-Bas, Autriche, Irlande, Luxembourg, Danemark, Suède) ont demandé de revoir le niveau des super-prélèvements (en cas de dépassement de quotas) ou des coefficients de matière grasse (ce qui revient à relever les quotas). Un autre groupe de pays (France, Espagne, Belgique, Pologne...) a souhaité que des mesures soient prévues pour l'après-2015 afin de réagir de manière plus efficace en cas de crise du secteur. (LC)

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