Bruxelles, 05/03/2014 (Agence Europe) - Alejandro Cercas (S&D, espagnol), député de la commission de l'emploi et des affaires sociales du Parlement européen, a dénoncé le « tsunami social » provoqué par la 'troïka' (Commission, BCE, FMI) dans les pays sous assistance financière, mardi 4 mars, lors de la présentation d'un avis juridique sur le trio institutionnel du professeur Andreas Fischer-Lescano, de l'Université de Bremen. Cet avis a été adressé en novembre dernier à la Confédération autrichienne des syndicats (ÖGB), à la Chambre fédérale autrichienne du travail, à la Confédération européenne des syndicats (CES) et à l'Institut syndical européen (ETUI).
M. Fischer-Lescano estime qu'aucun état d'urgence « ne peut justifier une suspension du droit européen ». Il explique que la participation de la BCE et de la Commission à la 'troïka', notamment, est à l'origine de remises en cause disproportionnées de la législation sur le travail et du système social. Sont dénoncées des atteintes qui se traduisent « par la difficulté de l'accès au travail, les menaces exercées sur le minimum vital, le manque de nourriture, de logements, d'eau et d'autres besoins fondamentaux ». De plus, « leurs interventions ne sont pas couvertes par la législation européenne » et le PE est court-circuité. Veronica Nilsson, de la CES, a abondé en ce sens. Elle a déploré que l'avis du Conseil de l'Europe, critiquant les coupes dans les salaires, n'ait rien changé.
M. Cercas a dénoncé le fait que la commission des affaires sociales ait dû attendre jusqu'au 21 janvier pour recevoir le feu vert pour rédiger un rapport d'enquête sur les activités de la 'troïka', soit deux mois après la commission économique et « après une lourde bataille ». Selon certaines sources, le PPE s'y opposait.
Un fonctionnaire européen de la DG ECFIN, qui était présent à titre personnel lors de la présentation, a paru agacé par les critiques constantes envers la 'troïka'. « Nous sommes ouverts à la discussion », a-t-il expliqué à EUROPE, mais il n'est pas juste de dire que la 'troïka' va « systématiquement » à l'encontre des droits sociaux. Pendant la conférence, M. Cercas avait tout de même précisé que les allégations ne sortaient pas de nulle part. « Nous avons consulté avant de dire cela », a-t-il souligné. (EL)