Bruxelles, 28/02/2014 (Agence Europe) - À quelques jours des Conseil Environnement (3 mars) et Énergie (4 mars) où doit être débattu le cadre intégré pour les politiques de l'Énergie et du Climat à l'horizon 2030, l'eurodéputé Matthias Groote (S&D, allemand), président de la commission de l'environnement du Parlement, presse la présidence grecque du Conseil de soutenir une vision ambitieuse de ces deux politiques, conforme à celle formulée par le Parlement européen le 5 février (EUROPE 11012), et s'alarme des propositions sur la table concernant un nouveau cadre de gouvernance du système énergétique censé garantir une énergie compétitive, sûre et durable en se fondant sur des plans à adopter par les États membres sur la base de lignes directrices de la Commission européenne, en faisant fi du Parlement (EUROPE 11002).
Dans un courrier adressé vendredi 28 février à la présidence grecque du Conseil, Matthias Groote rappelle la position du Parlement en faveur de trois objectifs contraignants - 40% pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, au moins 30% d'énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie et 40% d'efficacité énergétique - qu'il conviendrait, selon les eurodéputés, de traduire en objectifs par État membre.
« Le Parlement est convaincu que le seul moyen efficace de mettre en oeuvre ces trois objectifs est d'établir des objectifs nationaux qui prennent en compte la situation individuelle et le potentiel de chaque État membre », écrit Matthias Groote. Et d'avertir: « C'est le moment d'opérer des choix prospectifs qui peuvent mettre l'UE sur la voie du développement durable, de la croissance et de la sécurité énergétique tout en renforçant son leadership sur la scène internationale dans la lutte contre le changement climatique ».
Déficit démocratique. Au plan institutionnel, M. Groote exprime « les profondes préoccupations du Parlement pour une nouvelle structure de gouvernance » qui empêcherait le PE d'avoir droit au chapitre et d'exercer son contrôle démocratique. Précisant que « le Parlement est fermement opposé à l'affaiblissement de la gouvernance en matière de climat et d'énergie », il ajoute: « La législation existante doit être pleinement mise en oeuvre, et le cadre pour l'horizon 2030 doit être fondé sur un processus de codécision entre le Parlement et le Conseil ».
Anne Delvaux (S&D, belge), co-rapporteur pour ce dossier n'a cessé de déplorer que « l'efficacité énergétique soit la grande absente de la communication de la Commission ». Réitérant cette critique à la veille des réunions des ministres de l'Environnement et de l'Énergie, elle presse le Conseil de « faire de la réforme structurelle de l'ETS et d'un objectif d'efficacité énergétique ambitieux des piliers du futur cadre Climat/Énergie 2030 ». (AN)