Bruxelles, 25/02/2014 (Agence Europe) - L'échange des offres de libéralisation tarifaire entre l'UE et le bloc sud-américain reste notamment suspendu au degré d'ambition qu'affichera l'Argentine.
Un temps prévu pour l'automne 2013, puis promis pour ce début d'année, l'échange des offres sur l'accès au marché pour les produits agricoles et industriels entre l'UE et les pays de Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela) n'aura pas lieu en mars. Mais les parties ont convenu de se réunir le 21 mars, au niveau technique, pour évaluer la possibilité d'un tel échange dans les mois à venir. Une réunion qui permettra « de vérifier le niveau des ambitions de chacun », a expliqué devant la presse le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à l'issue du sommet UE/Brésil, le 24 février à Bruxelles (EUROPE 11025). Lundi, la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, a affiché son empressement de boucler un accord avec l'UE. « Nous sommes, pour la première fois, prêts pour la conclusion d'un accord », a-t-elle insisté.
Fin mars, le test des ambitions sera donc crucial pour l'avenir de laborieuses négociations lancées en 2000 et gelées entre 2004 et 2010. Le doute reste cependant de mise sur le degré d'ambition de l'Argentine, dont la proposition d'offre tarifaire est, à ce stade, plus conservatrice que celles de ses partenaires. Selon des fuites, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay seraient prêts à éliminer les droits de douane sur 90% des produits, tandis que la proposition argentine couvrirait 80% des produits. Les pays du Mercosur doivent encore finaliser leur proposition le 7 mars. « L'Argentine est aujourd'hui une pierre d'achoppement », confirmait lundi la présidente de la confédération brésilienne de l'agriculture et de l'élevage, Katia Abreu. Également sénatrice et membre d'un parti au sein de la coalition au pouvoir au Brésil, Mme Abreu a aussi laissé entendre que le Brésil n'excluait pas de procéder sans son allié régional. « Nous ne voulons pas négliger l'Argentine. Nous espérons que nous allons les convaincre, mais peut-être qu'ils nous joindront à un stade ultérieur », a-t-elle expliqué, évaluant à 50/50 les chances que l'Argentine joigne maintenant l'élan vers un accord. (EH)