Bruxelles, 25/02/2014 (Agence Europe) - Il est décidément très difficile de faire intervenir devant les eurodéputés Edward Snowden, le lanceur d'alerte américain à l'origine du scandale de la NSA (National Security Agency) américaine.
Les groupes politiques de la commission des libertés civiles du Parlement européen ont en effet dû conformer, lors d'un vote lundi 24 février à Strasbourg, le droit de l'ex-consultant de l'Agence de sécurité nationale américaine actuellement réfugié en Russie de répondre par écrit à leurs questions. Les députés avaient déjà préalablement dû s'entendre sur le fait d'adresser des questions à M. Snowden. Dans un communiqué, le rapporteur sur la réforme de la protection des données, Jan-Philipp Albrecht (Verts/ALE, allemand), s'est réjoui qu'une « majorité d'eurodéputés de la commission ait demandé (vote à main levée) des réponses écrites aux questions qu'ils ont adressées à d'Edward Snowden ». Il y a deux semaines, le lanceur d'alerte avait d'ailleurs accepté de répondre aux députés.
« Je suis très satisfait que la majorité des députés veuille obtenir des réponses des témoins clés dans le scandale de la surveillance de masse. Toute autre décision aurait été embarrassante et aurait nui à la réputation de la commission justice et affaires intérieures du Parlement européen concernant le dossier de la surveillance de masse », a dit M. Albrecht.
Cette demande se heurte pourtant au refus des conservateurs du groupe CRE, farouchement opposés à l'intervention du consultant. Le PPE, qui s'est abstenu lors du vote de lundi en commission des libertés du PE, fait montre d'hésitations. Il tient un discours officiel consistant à demander le renforcement de la protection des données personnelles des Européens vis-à-vis des écoutes américaines, alors qu'il a en même temps refusé de soutenir le rapport du Parlement spécifiquement consacré à ces écoutes Le rapport de Claude Moraes (S&D, britannique) relatif aux activités de surveillance de la NSA, sur certains points, va trop loin aux yeux du groupe PPE (EUROPE 11018). Ce rapport sera discuté par le Parlement européen le 11 mars et voté en plénière le lendemain. Le PE devrait ainsi avoir à débattre des réponses d'Edward Snowden, croit savoir le groupe Verts/ALE au PE. Ce groupe souhaiterait parler des réponses de M. Snowden dès le 10 mars en commission des libertés civiles du PE, juste avant les débats en plénière sur le rapport Moraes. (SP).