Bruxelles, 25/02/2014 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, en visite à Kiev lundi 24 et mardi 25 février, a appelé au maintien de l'intégrité territoriale du pays et a souligné que l'UE apporterait son aide aux nouvelles autorités ukrainiennes, sans fournir davantage de détails à ce stade.
José Manuel Barroso, le président de la Commission, a souligné mardi le besoin en Ukraine d'une solution pacifique, de respecter les sensibilités régionales et d'une réforme constitutionnelle. Il faut aussi respecter l'unité du pays, a-t-il souligné. Il a ajouté qu'il fallait travailler avec les organisations et institutions financières internationales pour trouver une solution et a appelé la Russie à coopérer. « La volonté du peuple doit primer avant tout », a-t-il conclu.
Après sa visite à Kiev, Mme Ashton a déclaré: « Il faut envoyer un message fort sur l'intégrité territoriale et l'unité et l'indépendance de l'Ukraine ».
La Russie ne reconnaît pas les nouvelles autorités ukrainiennes et a critiqué l'attitude de l'UE. Mme Ashton a souhaité calmer le jeu: « Les liens étroits entre l'Ukraine et la Russie sont importants et doivent être maintenus (…) Nous comprenons les liens commerciaux étroits entre l'Ukraine et la Russie et ils doivent continuer à exister à l'avenir », a dit Mme Ashton. « Il faut que tous les partenaires, y compris la Russie, puissent aider l'Ukraine », a plaidé le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.
Catherine Ashton n'a pas donné de détails sur la question d'une aide financière internationale, mais elle a souligné que l'UE travaillerait en coordination avec le Fonds monétaire international (FMI), même si le FMI sera amené à faire sa propre évaluation de la situation. « Le FMI prendra sa propre décision, il a ses propres règles (...) mais c'est une pièce importante du puzzle à assembler pour tenter d'offrir une aide », a-t-elle dit. Les nouvelles autorités de Kiev ont dit lundi que l'économie ukrainienne avait besoin de 35 milliards de dollars (25,5 milliards d'euros) sur deux ans.
Signe de la difficulté à trouver un compromis politique à l'intérieur du pays, le parlement ukrainien a repoussé à jeudi la nomination d'un gouvernement de transition, initialement prévue mardi. Les noms les plus fréquemment cités au poste de Premier ministre sont ceux du dirigeant de la contestation, Arseni Iatseniouk, de l'oligarque d'opposition, Petro Porochenko, et de l'ancienne chef de gouvernement, Ioulia Timochenko. Cette dernière a toutefois déjà indiqué qu'elle ne briguait pas le poste. La campagne électorale pour la présidentielle anticipée du 25 mai a débuté mardi. L'ex-champion du monde de boxe Vitali Klitschko a annoncé sa candidature, ainsi que le gouverneur pro-russe de la région de Kharkiv, Mikhaïlo Dobkine.
Par ailleurs, le parlement a voté une résolution demandant à la Cour pénale internationale de poursuivre le président déchu, Viktor Ianoukovitch, dans le cadre d'une enquête pour 'crimes contre l'humanité'. (LC)