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Bulletin Quotidien Europe N° 11026
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Le moteur de la croissance se remet timidement en marche

Bruxelles, 25/02/2014 (Agence Europe) - Les prévisions d'hiver de la Commission européenne confirment l'existence d'une reprise économique aux niveaux de l'eurozone et de l'Union européenne.

Cette croissance modérée observée - 1,2% du PIB en 2014 et 1,8% en 2015 dans l'eurozone, 1,5% du PIB en 2014 et 2% en 2015 dans l'UE - demeure toutefois inégale selon les pays et ne permettra pas une baisse décisive du chômage (croissance de l'emploi de 0,3% et 0,5% en 2014 dans la zone euro).

« Seuls Chypre et la Slovénie seront en récession en 2014. En 2015, toutes les économies de l'UE croîtront », a indiqué Olli Rehn, soulignant que les différences dans l'augmentation des PIB nationaux tendent à diminuer, mardi 25 février à Strasbourg. Le commissaire chargé de l'euro a évoqué les trois messages principaux des prévisions de la Commission: - la croissance gagne du terrain et s'étend dans les États membres tout en restant modeste ; - les conditions s'améliorent sur les marchés financiers, laissant penser à une possible amélioration du financement des entreprises ; - l'inflation, évaluée à 1% dans l'eurozone et à 1,2% dans l'UE pour 2014, restera à un niveau faible jusqu'à la fin de l'année prochaine.

Selon la Commission, la croissance sera la plus forte en 2014 en Lituanie (3,5%), en Pologne (2,9%), en Suède et au Royaume-Uni (2,5%), en Roumanie, en Estonie et en Slovaquie (2,3%), au Luxembourg (2,2%), en Hongrie et à Malte (2,1%). Elle sera la plus faible en Finlande (0,2%), en Croatie (0,5%), en Grèce et en Italie (0,6%), au Portugal (0,8%), en Espagne, en France et aux Pays-Bas (1%), tandis que la récession sévira toujours à Chypre (chute du PIB de 4,8%), en Slovénie (-0,1%).

Un des éléments incitant à l'optimisme est la reprise graduelle de la consommation intérieure. L'introduction progressive par le gouvernement allemand de coalition d'un salaire minimum en est un exemple marquant. Mais M. Rehn a également estimé que, la crise économique s'éloignant et le poids de l'endettement privé diminuant, la nécessité pour les ménages d'économiser de manière préventive allait s'estomper. En Italie et aux Pays-Bas en revanche, la reprise sera tirée par les exportations, a-t-il constaté.

L'assainissement des finances publiques se poursuit. Au niveau de l'eurozone et de l'UE, le déficit public devrait être ramené respectivement de 3,1% et 3,5% du PIB en 2013, à 2,6% et 2,7% du PIB en 2014. Là encore, les différences nationales sont importantes. L'Allemagne, la principale économie de l'eurozone, devrait atteindre l'équilibre budgétaire cette année. Avec la Pologne (excédent budgétaire de 5%), elle sera le seul pays de l'UE à réaliser une telle performance. Auront un déficit public inférieur à la barre des 3% de PIB la République tchèque (2,8%), Malte (2,7%), la Belgique et l'Italie (2,6%), la Finlande (2,5%), la Lituanie (2,3%), la Grèce et la Roumanie (2,2%), l'Autriche (2,1%), la Bulgarie (1,9%), le Danemark (1,3%), la Suède (1,5%), la Lettonie (1%), le Luxembourg (0,5%), l'Estonie (0,4%). Seront au-dessus des 3%, l'Espagne et Chypre (5,8%), la Croatie (5,4%), le Royaume-Uni (5,2%), l'Irlande (4,8%), la France et le Portugal (4%), la Slovénie (3,9%), la Slovaquie (3,3%), la Hongrie (3%).

La reprise aidant et les déficits se résorbant peu à peu, la dette publique moyenne devrait atteindre un pic en 2014, à 95,9% du PIB dans l'Eurozone et à 89,7% dans l'UE, avant de commencer légèrement à décroître en 2015 (95,4% du PIB dans l'UE-18 et 89,5% dans l'UE-28). Pour 2014, les niveaux d'endettement public les plus élevés par rapport au PIB sont prévus en Grèce (177%), en Italie (133,7%), à Chypre (121,5%), au Portugal (126,6%), en Irlande (120,3%). Inversement, les dettes les plus faibles sont attendues en Estonie (10,1%), en Bulgarie (22,7%), au Luxembourg (25,5%), en Lettonie (38,7%) et en Suède (41,8%).

Le commissaire a évoqué la question de la faible inflation, stable sur une base annuelle à 0,8% en janvier par rapport à décembre 2013 selon l'Office statistique de l'UE (Eurostat). Il a vu dans le niveau faible de l'inflation à la fois un côté positif et un autre négatif. Conséquence au niveau externe d'une baisse des prix énergétiques et au niveau interne des pressions à la baisse sur les salaires, le faible niveau d'inflation est la résultante logique de l'ajustement en cours dans les pays périphériques de l'Eurozone qui sont en train de restaurer leur compétitivité, a estimé M. Rehn. Par contre, si cette tendance se prolonge et se généralise à toute la zone euro, alors le risque existe qu'elle ait un impact négatif sur le rééquilibrage en cours, a-t-il ajouté.

Les prévisions de la Commission et de la France diffèrent sur la trajectoire du déficit public. Les services de M. Rehn tablent sur un déficit de 4,2% du PIB pour 2013, 4% pour 2014 et 3,9% pour 2015, contre respectivement 4,1%, 3,6% et 2,8% pour les autorités françaises. Mardi, le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici, a déclaré s'en tenir à sa trajectoire de déficit. Pour 2014, « je vais entamer une phase de dialogue pour bien identifier les sources éventuelles d'écart », a-t-il déclaré

Le commissaire a loué les fruits des efforts que commencent à récolter l'Irlande et l'Espagne, deux pays anciennement sous programme d'assistance économique. Les chiffres espagnols sont un peu meilleurs que prévu précédemment grâce à l'amélioration de la confiance, au refinancement à moindre coût de la dette espagnole et aux premiers résultats positifs liés à la réforme du marché du travail de 2012, a estimé M. Rehn.

Pays sous programme. La Grèce s'affranchit de son statut de maillon faible de la zone euro. Après une contraction du PIB grec de 3,7% en 2013 (un chiffre revu à la baisse par rapport aux 4% inscrits dans les prévisions d'automne), l'économie grecque renoue avec la croissance en 2014 après plus de six années de récession. Dans un premier temps tout juste symbolique (+0,6% en 2014), la reprise devrait s'affirmer en 2015, atteignant 2,9%. « La Grèce a, pour la première fois depuis 1948, enregistré un excédent de compte courant » ainsi qu'un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette), a précisé M. Rehn.

La Commission confirme en outre les propos du ministre des Finances, Yannis Stournaras, qui entrevoyait une chute du chômage en 2014. Après avoir atteint 27,3% de la population active en 2013, celui-ci devrait retomber à 26% en 2014 et 24% en 2015. Quant à la dette publique hellénique, elle devrait suivre une même trajectoire descendante (177,3% en 2013, 177% en 2014 et 171,9% en 2015).

Les données du Portugal font actuellement l'objet d'une mise à jour par la 'troïka' (Commission, BCE, FMI), actuellement en mission à Lisbonne. Les prévisions de la Commission ne tenant pas compte du dernier trimestre de 2013, il se pourrait que « la croissance économique soit supérieure à la valeur projetée » dans ces prévisions, a précisé M. Rehn. Sur base des données déjà collectées, la Commission fixe à 1,3% la contraction du PIB qu'a connue Lisbonne l'année dernière et anticipe une croissance de 0,8% en 2014 et de 1,5% en 2015. Et l'institution européenne de prévenir que la reprise portugaise reste vulnérable à une détérioration significative des marchés liée « soit à des incertitudes quant à la mise en oeuvre des politiques par les autorités portugaises ou à un environnement externe plus faible que prévu ».

Chypre restera (avec la Slovénie) le seul pays de la zone euro en récession en 2014. La chute sera rude, le PIB de l'île se contractera encore de 4,8% en 2014, avant de repasser dans le vert en 2015 (+0,9%).

La demande intérieure britannique a porté la croissance du pays, qui a atteint 1,9% en 2013, et continuera à en être le principal contributeur dans le futur. Le PIB britannique s'affichera à 2,5% en 2015 et à 2,4% en 2015. La dette publique du Royaume-Uni continue son ascension et devrait atteindre 93,4% du PIB en 2014, puis 94,5% en 2015 alors qu'elle s'affichait à 91,4% en 2013. La demande intérieure doit également être un moteur pour l'économie polonaise, dont la croissance devrait atteindre 3,1% du PIB en 2015 après 1,6% en 2013 et 2,9% en 2014. L'équilibre budgétaire général de la Pologne devrait être affecté par le renversement de la réforme des pensions, certains transferts ne seront, dès l'automne, plus comptés comme des revenus. Les perspectives budgétaires sont supposées s'améliorer graduellement. M. Rehn a pécisé qu'il serait plus à même de se prononcer en juin une fois les politiques économiques et budgétaires polonaises analysées. Selon les prévisions de ses services, le déficit général polonais pourrait repasser sous la barre des 3% en 2015, ouvrant la voie à la fin de la procédure pour déficit excessif ouverte à l'encontre de Varsovie.

La Croatie sort de la récession (-0,7% en 2013, +0,5% en 2014 et 1,2% en 2015) mais sa dette continue atteindra 68,7% du PIB en 2015. Le déficit public devrait, quant à lui, s'inscrire à la baisse jusqu'en 2015 (-6% en 2013, -5,4% en 2014 et -4,8% en 2015). (MB et EL)

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