login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11026
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Pour leur avenir, les jeunes européens doivent être aidés à comprendre la signification réelle de l'élection du nouveau Parlement européen

Le risque du recul. Dans la perspective des élections européennes de mai prochain, les jeunes doivent comprendre que leur avenir est largement entre leurs mains: leur vote sur la composition du nouveau Parlement européen sera déterminant. Tout recul dans la construction communautaire et toute progression de l'euroscepticisme leur coûteraient cher, car l'affaiblissement des acquis de l'UE se ferait surtout à leur détriment. La tendance à la mode va souvent vers l'affaiblissement de la méthode communautaire et le renforcement des autonomies nationales. Si cette tendance se confirme, il faudra l'accepter: le vote est libre et le nouveau Parlement européen sera celui que les peuples auront choisi. Il est bien connu que certaines forces politiques dans les États membres ont tendance à faire retomber sur l'UE la responsabilité des faiblesses nationales ; si les opinions publiques suivent cette tendance, il en résulterait un PE lui-même davantage eurosceptique.

Dans ce contexte, les jeunes générations doivent autant que possible être mises en garde. Elles avaient atteint l'âge de voter au moment où une vaste partie de la construction européenne était réalisée, ou se concrétisait progressivement. Or, les jeunes ont logiquement tendance à considérer comme normal et définitivement acquis ce qu'ils constatent de la construction européenne. Ils ignorent, par exemple, que le programme Erasmus n'existe pas dans les Traités communautaires et n'est pas irrévocable ; il a été inventé par Jacques Delors lorsqu'il présidait la Commission européenne, afin de permettre aux jeunes d'effectuer une partie de leurs études dans les universités d'un autre État membre, grâce au financement du budget communautaire. La plupart des jeunes n'ont même pas entendu parler du système de formation professionnelle dans un autre État membre, auprès de petits entrepreneurs chevronnés, pour se spécialiser dans des métiers spécifiques.

Les jeunes ne sont pas informés. Je n'ai cité que quelques exemples de ce qui pourrait disparaître si l'esprit communautaire s'affaiblit. Mais l'enjeu est global. Les nouvelles générations sont nées dans une Europe sans contrôles aux frontières, où l'on passe d'un État membre à un autre souvent sans s'en rendre compte. Nous, anciennes générations, n'avons pas oublié l'époque de l'unité européenne où les contrôles aux frontières subsistaient et étaient fastidieux. L'actuel problème suisse indique ce qui pourrait arriver dans une UE faisant partiellement marche arrière. Et souvent les jeunes générations ignorent les efforts à leur égard, en cours ou en préparation.

Notre bulletin a fait état de situations significatives. Nous avons rendu compte dans EUROPE 11022 d'un rapport sur le détachement des jeunes face aux prochaines élections européennes, car ils ne constatent aucun intérêt des partis politiques pour les sujets qui les préoccupent ; leur indifférence face aux élections de mai serait donc une forme de protestation. La League of Young Voters et International IDEA ont suggéré plusieurs initiatives, comme un quota de parlementaires d'âge inférieur à 35 ans ; l'industriel Peter Hartz a lui relancé les projets visant à former, dans des petites ou moyennes entreprises, notamment allemandes, des jeunes originaires d'autres Etats membres ; un congrès lancera prochainement à Sarrebruck des projets détaillés. Le programme Investir pour la jeunesse de la BEI (Banque européenne d'investissement) a déjà prêté plus de 9 milliards d'euros. Les jeunes n'en savent rien.

Faire connaître les efforts. La jeunesse étant la victime principale des difficultés actuelles, c'est à son égard que l'UE doit faire des efforts particuliers. Non seulement les dispositions sur la libre circulation des personnes doivent être consolidées, mais les initiatives facilitant l'emploi en dehors du pays d'origine doivent être renforcées et multipliées. Le nouveau PE doit agir en ce sens et le résultat du vote de mai sera essentiel. Certes, peu de jeunes électeurs liront ces lignes. Mais quelques campagnes électorales des prochaines semaines devraient ne pas négliger les aspects cités, en exprimant la volonté de renforcer les initiatives communautaires contre le chômage des jeunes. Et de leur côté les électeurs des nouvelles générations doivent comprendre qu'un succès de l'euroscepticisme serait désastreux pour eux-mêmes, pour leur aspiration à relancer la création d'emplois nouveaux.

Il est essentiel de combattre cette folie à la mode, qui consiste à affaiblir la construction européenne.

(F.R.)

 

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE