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Bulletin Quotidien Europe N° 11023
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) maroc

Les entreprises redoutent une « inondation » commerciale par l'UE

Bruxelles, 20/02/2014 (Agence Europe) - Les entreprises marocaines ne sont guère rassurées par la perspective d'un « accord de libre-échange commercial approfondi » - ALECA - avec l'UE en contraste avec l'opinion largement accréditée du gouvernement et de la Commission européenne qui n'y voient que des bénéfices. Déjà le secteur de la santé a exprimé ses vives appréhensions et les menaces qui pèsent sur la filière des médicaments génériques. Cette levée de l'inquiétude transparaît de plus en plus dans les médias et les autres pays du Maghreb, également invités, un par un, à s'engager dans des négociations similaires, suivent avec attention les arguments avancés par les Marocains, premiers à essuyer les plâtres.

De manière générale, les opérateurs marocains du privé, en particulier dans les services, considèrent, pour 45% d'entre eux « l'ALECA comme une menace, contre seulement 20% qui y perçoivent une opportunité pour leur entreprise », révèle un sondage commandé par la Fédération du Commerce et Services et l'ASMEX (secteur de l'exportation). Ce qui est en cause serait aussi la transparence des négociations. Le constat est que « près du tiers des chefs d'entreprise ne connaît pas le contenu de l'ALECA ».

Pour résumer, d'après ce sondage, « les perceptions autour de l'ALECA sont globalement négatives » et la crainte est réelle que l'ouverture à tous vents du marché marocain ne tourne plus au profit du partenaire le plus aguerri avec la menace d'une « inondation » du marché national. Le secteur des services, qui représente, selon la Fédération, près de 60% de l'économie du pays, craint les concessions jugées excessives en matière de propriété intellectuelle.

Pour Khalil Dahami, président de la FCS, dans une déclaration au journal local, « L'Économiste », « le secteur des TIC [technologies de l'information et de la communication, NdlR] et autres services aux entreprises devrait faire face à une compétition plus accrue et pourrait perdre près de 1,7% de sa production ».

La recommandation des entrepreneurs marocains, reflétée par les médias, serait que les négociations soient menées « avec précaution ». Le souhait est que soient pris « en considération les besoins, les menaces et les craintes des différents secteurs pour mieux diriger les négociations dans un cadre 'win-win' ». Une étude d'impact sectorielle est jugée nécessaire. Du côté des exportateurs, la crainte est de ne pouvoir profiter pleinement des concessions en retour et la faible capacité à investir sur le marché européen à cause de « l'insuffisance de l'offre exportable marocaine » entraînant, pour le pays, le « risque d'aggraver le déficit de la balance commerciale ».

« L'accord ne sera pas signé si le Maroc n'y trouve pas son compte », a répondu aux questions des médias la négociatrice en chef marocaine pour l'ALECA, Latifa Bouabdellaoui. Également sollicitée par les médias, l'UE, à travers sa délégation à Rabat, entend aussi rassurer. Elle est, affirme-t-elle « prête à participer à tout événement, atelier ou séminaire qui aurait comme but d'informer ou de clarifier le processus de cette négociation », a répondu par e-mail la délégation de l'UE aux questions d'un journal en ligne.

Sur les services, l'UE se veut tout autant rassurante. « Le secteur des services au Maroc est déjà substantiellement ouvert et des entreprises européennes sont déjà établies au Maroc. L'objectif principal de l'ALECA dans le secteur des services sera la consolidation du niveau d'ouverture existant afin d'offrir aux opérateurs des deux côtés plus de sécurité juridique et de transparence quant aux conditions d'accès aux marchés », a fait valoir la délégation. (FB)

 

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