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Bulletin Quotidien Europe N° 11023
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) compÉtitivitÉ

La route vers un pacte industriel se dessine

Bruxelles, 20/02/2014 (Agence Europe) - Les Vingt-huit s'accordent largement sur la stratégie de la Commission pour renforcer la base industrielle de l'UE, mais beaucoup de capitales veulent plus de flexibilité sur les aides d'État. La question des prix et coûts de l'énergie doit être traitée de manière urgente.

Lors d'un débat d'orientation sur la compétitivité industrielle, sur la base de la communication de la Commission appelant à une renaissance industrielle, adoptée en janvier dernier (EUROPE 11002), et en vue du Conseil européen des 20 et 21 mars, les ministres européens de l'Industrie, réunis le 20 février à Bruxelles, ont de manière générale soutenu les objectifs et priorités mis en avant par l'exécutif européen. Synthétisant les travaux, la présidence grecque a dit voir une convergence de vues à 80%. Beaucoup d'États membres partagent l'objectif de ré-industrialisation proposé par la Commission de porter la part du secteur manufacturier à 20% du PIB. Un objectif que le Royaume-Uni juge pour sa part « artificiel ».

Ce débat, également mené à la lumière du nouveau cadre d'action en matière de climat et d'énergie à l'horizon 2030, et d'une étude sur les prix et coûts de l'énergie en Europe, aussi dévoilés en janvier par la Commission (EUROPE 11002), a vu les Vingt-huit dégager un large consensus sur la nécessité d'intégrer les préoccupations de compétitivité industrielle dans toutes les politiques pertinentes - environnement, climat, énergie, commerce, concurrence, aides d'État et politique régionale - qui doivent être mieux coordonnées. Dans ce contexte, la nécessité de renforcer le rôle horizontal du Conseil Compétitivité a été réitérée, la France plaidant à cet égard, par la voix d'Arnaud Montebourg, pour qu'il soit « plus politique ».

Les prix et coûts de l'énergie et la nécessité d'un marché unique de l'énergie ont été présentés comme un des éléments les plus importants affectant la compétitivité industrielle. Toutes les délégations ont insisté sur cet aspect. Les prix de l'énergie doivent être traités comme une « question d'urgence », a résumé la présidence grecque. La France, comme de nombreux États membres, a fait le lien sur ce chapitre avec les lignes directrices sur les aides d'État à l'énergie et à l'environnement, que la Commission veut approuver le 9 avril pour une entrée en vigueur en juillet. Beaucoup d'États membres ont réclamé des flexibilités en relation avec les aides d'État que les capitales veulent allouer aux industries énergivores. Plusieurs États membres ont souligné la nécessité d'une approche plus équilibrée entre les politiques industrielles, énergétiques et climatiques de l'UE, et l'importance d'un approvisionnement ininterrompu en matières premières à des prix abordables pour la compétitivité de l'industrie européenne.

Les autres priorités mises en avant par les ministres se résument par le discours de l'Italie, qualifié de « très structuré » par une source communautaire, insistant sur les « « 3-i »: marché intérieur, interconnexion et innovation. Jeudi, les Vingt-huit se sont accordés sur l'importance d'optimiser le potentiel du marché intérieur des produits, des capitaux et des services. Les délégations ont aussi convergé sur l'idée de mobiliser et de rationaliser tous les fonds possibles, y compris les fonds structurels, pour stimuler les investissements dans l'innovation et le renforcement des compétences. Dans ce contexte, ils ont souligné l'importante contribution de la spécialisation intelligente dans le renforcement du potentiel de croissance spécifique liée à l'innovation des régions européennes. Les États membres ont aussi mis l'accent sur le soutien aux PME, à travers l'amélioration du cadre réglementaire et de l'accès au financement. Plusieurs États membres ont mentionné la nécessité d'une approche harmonisée des défis industriels en se concentrant principalement sur la création de conditions cadres adéquates pour tous les secteurs industriels. Le rôle des clusters et des PME innovantes, le développement d'un marché unique du numérique ont également été mentionnés. Enfin, les débats ont encore insisté sur l'accès des entreprises de l'UE aux marchés mondiaux, à travers la conclusion d'accords de libre-échange. (EH)

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