Bruxelles, 20/02/2014 (Agence Europe) - L'Iran et les grandes puissances ont franchi, jeudi 20 février, une nouvelle étape vers le règlement définitif de leur différend sur le programme nucléaire de Téhéran en s'accordant sur un « cadre » pour les négociations futures, qui s'annoncent néanmoins longues et difficiles.
« Il reste beaucoup à faire. Cela ne sera pas facile, mais nous avons fait un bon début », a déclaré la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, à l'issue d'une réunion de trois jours à Vienne entre les représentants du groupe des 5+1 (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l'Iran. La prochaine rencontre est prévue pour le 17 mars dans la capitale autrichienne.
« Nous avons eu trois jours très productifs au cours desquels nous avons identifié toutes les questions auxquelles nous devrons répondre afin de conclure un accord définitif et global », a expliqué Mme Ashton dans une déclaration à la presse en compagnie du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. À Vienne, les négociateurs ont fixé « un calendrier de réunions, initialement sur les quatre prochains mois avec un cadre afin de continuer » leurs délibérations. Des experts techniques se retrouveront début mars, a encore précisé Mme Ashton.
Les Occidentaux et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran nie farouchement.
Le 24 novembre dernier, l'Iran avait conclu avec les grandes puissances un plan d'action sur six mois, appliqué depuis le 20 janvier, prévoyant un gel de certaines activités nucléaires sensibles en échange de la levée d'une petite partie des sanctions qui étranglent son économie. Les négociateurs ont désormais la tâche délicate de le transformer - au plus tôt le 20 juillet- en un accord global garantissant sans l'ombre d'un doute la nature pacifique du programme nucléaire iranien.
Sur sa page Facebook, M. Zarif a précisé être tombé d'accord avec Mme Ashton « pour tenir plusieurs réunions à notre niveau sur une base mensuelle entre maintenant et le (début du) mois de khordad » qui commence le 22 mai. D'ici la prochaine réunion du 17 mars, la chef de la diplomatie européenne se rendra à Téhéran, a-t-il affirmé.
L'enjeu est de taille: un accord global permettrait une normalisation des relations internationales entre l'Iran et les États-Unis, rompues depuis trente-cinq ans, et éloignerait dans la foulée l'option militaire évoquée souvent par Israël et les États-Unis. Experts et diplomates jugent peu probable la conclusion d'un accord en l'espace de six mois, mais la période pourra être prolongée jusqu'à un an à compter de la signature du plan d'action en novembre, par consentement mutuel.
S'il veut obtenir la levée de l'ensemble des sanctions internationales, le gouvernement iranien devra probablement fermer son site d'enrichissement de Fordo, réduire le nombre de ses centrifugeuses (environ 19 000 actuellement) qui servent à enrichir l'uranium et abandonner définitivement son projet de réacteur à eau lourde d'Arak, dont il pourrait tirer du plutonium utilisable dans la mise au point d'une bombe, estiment les experts. Conjuguées à des inspections plus fréquentes de l'AIEA, ces mesures entraveraient considérablement la capacité de l'Iran à se constituer un arsenal nucléaire. (LC)