Bruxelles, 20/02/2014 (Agence Europe) - Convoqués par la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, les ministres européens des Affaires étrangères sont parvenus à un accord politique, jeudi 20 février à Bruxelles, sur la réponse de l'UE à l'escalade de la violence en Ukraine, où une nouvelle journée d'affrontements entre les forces gouvernementales et l'opposition s'est soldée par des dizaines de victimes.
Les conclusions du Conseil donnent un feu vert politique à des sanctions à l'égard des auteurs des violations de droits de l'homme, à savoir un gel des avoirs et une interdiction de visa de ceux-ci dans l'UE, et à une suspension des licences d'exportation pour les équipements utilisés pour la répression intérieure.
Cet avertissement a pour but de mener à la stabilisation du pays avant tout, afin qu'un dialogue plus serein puisse être entamé, a expliqué Mme Ashton.
Les conclusions, assez concises, formalisent au plan politique, à ce stade, des critères pour définir une liste des personnes éligibles à des sanctions internationales pour leur usage excessif de la violence. Cette décision n'est pas applicable immédiatement, pour permettre aux experts juridiques de « bétonner » légalement ces sanctions dans les jours qui viennent, et aux représentants de l'UE à Kiev de dresser la liste des personnes concernées. Les avoirs en Europe de ces individus seront aussi gelés dans la foulée. Une description complète des armes, qui peuvent être utilisées pour la répression et dont les licences d'exportation seront suspendues, est reprise dans les conclusions.
Une autre piste de « mesures positives », avancée par la Pologne, à savoir la facilitation de l'octroi de visas européens pour la société civile ukrainienne, a fait l'objet de discussions, mais n'est en revanche pas reprise. L'arsenal de mesures ciblées présenté vise avant tout à stopper la radicalisation sur le terrain et à favoriser un retour au calme propice à la reprise d'un dialogue politique et démocratique.
En parallèle, les ministres allemand, français et polonais, respectivement Frank-Walter Steinmeier, Laurent Fabius et Radoslaw Sikorski, qui s'étaient rendus à Kiev jeudi matin pour ensuite rallier Bruxelles se sont vus contraints de prolonger leur mission vu la tournure dramatique prise par les événements jeudi. Une délégation de parlementaires européens est également sur place, parmi lesquels Guy Verhofstadt (ADLE, belge), Elmar Brok (PPE, allemand) et Rebecca Harms (Verts/ALE, allemande).
En dépit des sanctions envisagées par les délégations européennes, l'offre à l'Ukraine de coopération renforcée avec l'UE reste valide, réaffirmait jeudi une source diplomatique.
D'autre part, le dialogue diplomatique entre l'UE et la Russie se poursuit, des contacts avec Moscou s'étant poursuivis au sujet des violences à Kiev, et le président russe Vladimir Poutine a également dépêché un « médiateur » sur place. Les États-Unis surveillent aussi de près les démarches de l'UE, l'approche en tandem étant toujours privilégiée, selon une source communautaire. (MD/EH)