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Bulletin Quotidien Europe N° 11016
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INSTITUTIONNEL / (ae) pe 2014

Le compte à rebours est lancé

Bruxelles, 11/02/2014 (Agence Europe) - Un Parlement européen nettement renouvelé, aux majorités politiques resserrées et au sein duquel la présence de forces extrémistes et eurosceptiques constitue l'un des plus grands défis. Telles sont les premières réflexions de l'institution à 100 jours des élections européennes.

Près de 400 millions de citoyens seront appelés à voter entre le 22 et le 25 mai pour élire 751 députés. Nouveauté cette année: le résultat des urnes pourrait jouer un rôle déterminant dans le choix de la présidence du prochain Collège de la Commission européenne. Une innovation institutionnelle prévue par le Traité de Lisbonne sur laquelle les principaux responsables du PE comptent d'ailleurs largement capitaliser.

À l'heure actuelle, quatre partis européens ont déjà désigné leur chef de file: le Grec Alexis Tsipras pour le Parti de gauche européen, l'Allemand Martin Schulz pour le PSE, le Belge Guy Verhofstadt pour l'ADLE ainsi que le Français José Bové et l'Allemande Ska Keller pour les verts. Le PPE choisira son poulain le 7 mars à Dublin après quoi la campagne sera lancée, ont expliqué mardi 11 février deux sources du PE. Les autres formations n'ont pas voulu se choisir de candidat et ont rejeté cette procédure.

Ces candidats débattront entre eux à deux reprises entre le 10 et le 15 mai et ces débats devraient être retransmis sur les chaînes nationales. Après le 25, il sera l'heure de passer aux choses sérieuses. Souhaitant ne pas se faire griller la politesse par les chefs d'État et de gouvernement qui 'dîneront' informellement le 27 mai et auront les premiers résultats du scrutin au menu, les présidents des groupes politiques du PE, dont certains sont candidats, se réuniront eux aussi le 27 mai au matin en conférence des présidents.

Selon la procédure, le Conseil doit présenter un nom au Parlement européen, qui élit le président, en tenant compte des élections. Mais le PE et le Conseil diffèrent déjà par l'interprétation qu'ils font de cette disposition. Pour le PE, il s'agit de prendre en compte les « résultats de l'élection », a précisé l'une des deux sources. Le Conseil lui n'aurait pas ce degré de précision.

Pour éviter cet écueil, la commission des affaires constitutionnelles du PE a voté, mardi, un rapport d'initiative exhortant le Conseil à « honorer le choix des citoyens lorsqu'il proposera un candidat au poste de président de la Commission ». Les députés de la commission ont également demandé à ce que le « nombre aussi élevé que possible de membres de la prochaine Commission soient choisis parmi les députés ».

Une chose est toutefois certaine à ce jour, PPE et S&D, les deux principales familles du PE actuel, seront au coude à coude. Ensemble, les deux partis pourraient peser « 55% de la chambre contre 60% actuellement », indiquent des études du Parlement basées sur des agrégats de sondages nationaux. « PPE, S&D, ADLE et Verts constitueraient 70% contre 80% aujourd'hui ». Les 30% restants seraient composés par les forces eurosceptiques et/ou d'extrême droite sans qu'il soit possible d'en préciser les contours. Rien ne dit ainsi que Marine Le Pen, populiste d'extrême droite française - qui a le vent en poupe au niveau national (ses listes arrivent en tête des sondages) et qui tente de fédérer ses homologues néerlandais (PVV) ou italien (Lega Nord) - soit en mesure de constituer un groupe. « Il faut pour cela réunir 25 membres, ce qui est facile, mais provenant de 7 États membres », a expliqué une attachée de presse du Parlement.

La troisième place au PE n'est pas non plus forcément garantie pour l'ADLE, ont poursuivi ces deux sources, les troupes libérales ayant été très malmenées en Allemagne en septembre dernier, faisant pâle figure au Royaume-Uni avec des Lib-dem secoués par les Tories et se trouvant confrontées à une inconnue avec les centristes français. La Gauche européenne se voit, elle aussi selon certains sondages, passer devant les Verts/ALE, appelés à perdre des sièges. En Grèce, les listes de Syriza sont déjà en tête des intentions de vote.

Dans ce paysage incertain, même le calendrier reste provisoire. La session constitutive du PE se déroulerait du 1er au 3 juillet, celle des groupes politiques du 7 au 10 juillet et l'élection du président de la Commission européenne du 14 au 17 juillet (le vote sur l'ensemble du Collège est pour octobre). Cela dans l'hypothèse où le choix du président de la Commission serait consensuel. (SP)

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