Bruxelles, 11/02/2014 (Agence Europe) - Extrêmement préoccupés par la poursuite des exactions commises par les milices et groupes armés en République centrafricaine et par l'ampleur de la crise sécuritaire et humanitaire touchant la quasi-totalité de la population civile, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont appelé, lundi 11 février, à la fin de l'impunité et à l'implication de toutes les parties dans le processus politique devant conduire à des élections au début de 2015. Le même jour était prise la décision d'établir l'opération militaire EUFOR RCA pour fournir un appui temporaire à la création d'un environnement sûr et sécurisé dans la zone de Bangui le temps de passer le relais aux partenaires africains (EUROPE 11015).
Les conclusions du Conseil condamnent vivement la poursuite des violences et des actes de représailles qui ont des conséquences dramatiques pour les populations civiles et des implications sérieuses pour la région de l'Afrique centrale et exhortent toutes les parties à cesser immédiatement les violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire. L'UE salue les efforts conjugués de la MISCA et de l'opération française Sangaris et réitère son engagement à accompagner les nouvelles autorités de transition dans leurs efforts pour mettre en oeuvre l'accord de transition, rétablir l'ordre public, oeuvrer à la réconciliation nationale et à répondre aux besoins de la population.
« Nous avons promptement réagi à la grave crise qui touche la République centrafricaine. Nous utilisons tous les instruments dont nous disposons, qu'il s'agisse de l'aide humanitaire, d'un appui politique à la transition ou de notre coopération au développement à long terme. Mais la priorité absolue est de protéger la population civile contre de nouveaux actes de violence, de faire en sorte que les citoyens de la République centrafricaine puissent vivre sans crainte et commencer à rebâtir leur pays, et de nous assurer que l'aide humanitaire peut être acheminée. Le déploiement d'EUFOR RCA aura lieu dès que possible, afin de soutenir les efforts remarquables engagés par la France et nos partenaires africains », a déclaré Catherine Ashton, la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE, à l'issue du Conseil.
L'UE salue l'élection de la nouvelle chef d'État de la transition, Mme Catherine Samba-Panza, et la nomination d'un nouveau gouvernement de transition conduit par André Nzapayeke qui doivent permettre de relancer le processus de transition. Elle les invite à coopérer pour s'attaquer à la situation sécuritaire alarmante et à relever les défis complexes auxquels le pays est confronté et réitère la responsabilité primaire des autorités nationales de transition à assurer la protection des populations civiles. L'UE appelle toutes les parties prenantes à s'impliquer de manière constructive et pacifique dans le processus de transition en vue d'aboutir à des élections au plus tard en février 2015.
L'UE salue la nomination des membres de la commission internationale chargée d'enquêter sur les violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme commises depuis le 1er janvier 2013 en RCA et l'engagement de Mme Samba-Panza à lutter contre l'impunité. L'UE encourage les leaders religieux à poursuivre leurs initiatives visant à la réconciliation et à la cohabitation interconfessionnelle, et invite la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) à poursuivre, avec l'Union africaine, sa facilitation du processus de transition politique. (AN)