Bruxelles, 30/01/2014 (Agence Europe) - Comment le « Big data » (volume massif de données) et l' « Open Data » (données ouvertes) vont-ils révolutionner l'économie en Europe et comment gérer ces phénomènes en pleine expansion ? Par ailleurs, ont-ils le potentiel de devenir des moteurs essentiels de croissance en Europe ou doit-on les considérer d'ores et déjà comme des « occasions manquées » ? Voici les questions auxquelles tentent de répondre les auteurs d'un rapport du Warsaw Institute for Economic Studies, publié sous l'égide du think tank demosEUROPA et présenté le 29 janvier au Parlement européen.
Le « Big data » désigne les ensembles massifs de données numériques générées par les utilisateurs d'Internet partout dans le monde. Ce volume est impossible à gérer via des outils classiques de gestion de base de données ou de gestion de l'information. La commissaire Neelie Kroes est consciente du défi que représente ce phénomène en plein essor et a proposé récemment la création d'un partenariat public-privé pour prendre à bras-le-corps la gestion du « Big data », alors que sur les 20 sociétés de gestion du « Big data » existantes, deux seulement sont européennes (EUROPE 10967). L'ouverture des données ou « Open data » est le procédé d'ouverture des données et qui consiste à les mettre à la disposition de tous, facilement et gratuitement. Il s'inscrit dans le cadre d'un mouvement global qui considère l'information publique comme un bien commun dont la diffusion est d'intérêt public et général. Une philosophie largement soutenue par la commissaire Kroes et encadrée par la Commission européenne depuis 2003 avec la directive sur la réutilisation des informations du secteur public, en cours de révision. Le rapport « Open and big data in Europe: potential growth drivers, or a massively squandered opportunity » utilise un modèle macroéconomique pour évaluer l'impact du « Big data » et de l' « Open data » sur l'économie future des 28 États membres et des régions européennes d'ici 2020, dans le cadre de la révolution générale des TIC dans le monde. Selon le rapport, le PIB de l'UE pourrait grossir de quelque 206 milliards d'euros supplémentaires (+1,9%) d'ici 2020 si des solutions de gestion des données modernisées sont adoptées. « Question pourcentage, ça ne paraît pas énorme mais cela serait l'équivalent d'une année complète de croissance économique en Europe », commente le rapport. Toutefois, ces gains ne seraient obtenus qu'à condition que les décideurs politiques reconnaissent les disparités de situation des régions du nord, du sud et de l'est de l'Europe, et adaptent leurs politiques aux réalités locales, selon que l'État membre ou la région est déjà technologiquement avancée ou non. Les politiques en matière de « Big data » et d'« Open data » doivent en outre faire partie d'une réforme plus large et générale des technologies et non pas être traitées isolément. Le rapport fait les constatations suivantes: 1) ce sont les pays du nord de l'Europe qui pourraient enregistrer l'accroissement le plus important de leur PIB si les politiques adéquates sont mises en oeuvre ; 2) dans les « nouveaux États membres », ce sont la République tchèque et la Pologne qui en seraient les plus grands bénéficiaires ; 3) le Royaume-Uni se profile comme leader dans la transition vers l'ère de l'« Open and Big data », en ce qui concerne l'ouverture des données du secteur public et dans la mise au point de solutions adaptées. (IL)