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Bulletin Quotidien Europe N° 11004
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

L'immigration illégale devrait être au coeur des futures politiques

Athènes, 24/01/2014 (Agence Europe) - À quoi ressembleront les futures politiques européennes en matière de justice et d'affaires intérieures ? C'est la question qu'a posée, vendredi 24 janvier, la présidence grecque aux ministres et représentants de ministres de l'Intérieur de l'UE réunis à Athènes, alors qu'en juin les chefs d'État devront adopter des « guidelines stratégiques » lors d'un Sommet spécifique. Pour préparer le terrain, la présidence avait préparé un document recensant cinq priorités sur lesquelles les États membres pourraient plancher, la lutte contre l'immigration illégale et l'intégration des migrants en situation régulière arrivant d'ailleurs en tête des préoccupations. Pour Athènes, confrontée plus que d'autres pays à des flux migratoires importants et souvent pointée du doigt pour sa gestion des demandes d'asile, il conviendra de se demander lors de cet examen des politiques dites 'JAI' si les instruments existants permettent véritablement de « combattre » l'immigration illégale et de favoriser la voie légale.

La présidence s'est aussi interrogée sur les moyens de mieux coopérer entre États membres et de gérer des situations d'urgence, en cas d'afflux migratoire par exemple. Principe cher à la Grèce et aux pays du sud, « la solidarité », notamment en matière de partage de la « charge » des migrants, devrait inspirer une partie des politiques européennes en matière d'asile, même s'il ne s'agit plus de demander un nouveau règlement de Dublin.

Le ministre en charge de la protection des citoyens et de l'ordre public, Nikos Dendias, a également expliqué vendredi que les futures politiques devraient s'attacher à combattre l'extrémisme, la xénophobie et le racisme.

Mais une autre discussion, en marge de ce débat sur les politiques JAI, s'est avérée un peu plus concrète vendredi matin, discussion qui portait sur la lutte contre le terrorisme et la sécurité des frontières. Alors que de plus en plus de combattants européens partent en Syrie et pour certains rentrent en Europe, les ministres se sont demandé comment mieux croiser et utiliser à des fins de lutte contre le terrorisme leurs outils existants, à savoir les systèmes d'information Schengen (SIS 2), le système VIS sur les visas délivrés dans Schengen, ou encore le système « Smart borders » d'entrée et de sortie ou le futur programme PNR européen, bloqué par le Parlement européen à ce jour mais que les ministres font tout pour faire renaître.

Nikos Dendias a précisé qu'il ne s'agissait pas de lier directement l'immigration illégale au terrorisme - « il n'existe pas de lien systémique entre les deux », a-t-il dit - mais d'affûter les outils européens existants pour éviter que le terrorisme n'exploite l'immigration illégale.

La commissaire européenne Cecilia Malmström s'est voulue prudente. « Le PNR (transferts des données passagers à des fins antiterroristes) n'est pas un instrument de 'migration' », a-t-elle dit, et il ne faudrait « pas trop de chevauchements entre les outils ». Elle a rappelé que tout nouvel instrument mis en place dans le futur devra aussi présenter des « sauvegardes robustes (en matière de droits fondamentaux) et des limites d'accès par exemple ». C'est précisément ce que la commissaire avait demandé en 2011 lorsqu'elle avait fini par approuver l'accès, même conditionné, des forces de police nationales à la base de données d'empreintes digitales des demandeurs d'asile EURODAC. (SP)

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